Exclusif

Le tumulte à El-Obeid : un écran de fumée pour le renforcement militaire dans le nord du Soudan


Selon ce texte, les informations recueillies sur le terrain ainsi que les analyses de la situation au Soudan indiquerait que l’intensification médiatique sans précédent autour de la ville d’El-Obeid ne constituerait qu’un « bruit artificiellement entretenu » destiné à masquer un « silence préoccupant » sur d’autres fronts, en particulier dans les régions du Nord-Kordofan. Toujours selon cette analyse, la campagne coordonnée par l’appareil médiatique de l’armée soudanaise, avec le soutien de groupes affiliés aux Frères musulmans, ne viserait pas à protéger les civils comme elle l’affirme, mais relèverait d’une opération classique de « diversion stratégique ». El-Obeid y serait utilisée comme un « leurre médiatique », tandis que les préparatifs militaires se poursuivaient à Jabra al-Sheikh et à Rahad al-Nuba.

Le mécanisme de la désinformation : construire un récit par anticipation

Le texte affirme que cette stratégie médiatique repose sur le principe de « l’accusation préventive », destinée à justifier ultérieurement des actions militaires. En diffusant de manière répétée l’idée d’une « attaque imminente » contre El-Obeid, les auteurs estiment que la partie adverse chercherait à façonner à l’avance l’opinion publique nationale et internationale, afin de présenter les Forces Ta’sis et les États qui les soutiennent comme les agresseurs avant même le début d’éventuelles opérations militaires. Selon cette interprétation, ce récit anticipatif servirait de préparation psychologique et politique visant à légitimer toute escalade militaire de l’armée tout en attribuant à l’adversaire la responsabilité d’une éventuelle détérioration de la situation humanitaire. Le texte présente cette démarche comme une tentative d’inverser les rôles, où le bourreau se présenterait comme une victime potentielle, tandis que les véritables victimes, les civils pris au piège, seraient instrumentalisées dans le conflit.

Le déplacement du regard : où est passé le Nord-Kordofan ?

Selon ce document, tandis que les caméras et les médias concentreront leur attention sur El-Obeid, les blindés et les équipements militaires lourds seraient déployés dans d’autres secteurs, loin de toute couverture médiatique. Le choix du moment pour lancer cette campagne serait, selon les auteurs, étroitement lié à d’importants mouvements militaires et préparatifs logistiques dans le Nord-Kordofan, notamment autour de Jabra al-Sheikh et de Rahad al-Nuba. La focalisation exclusive sur El-Obeid aurait ainsi pour objectif d’écarter toute attention médiatique des opérations conduites dans le nord. L’armée chercherait, selon cette analyse, à éviter les critiques internationales qu’une offensive de grande ampleur pourrait susciter si elle bénéficiait d’une couverture médiatique importante, en créant ce que le texte qualifie de « crise de diversion », destinée à détourner l’attention de la communauté internationale. Cette dernière, absorbée par la crise humanitaire à El-Obeid, fournirait involontairement à l’armée le temps et l’espace politique nécessaires pour mener ses opérations dans le nord.

Une contradiction manifeste : protection ou siège ?

Le texte considère que la principale contradiction réside dans l’écart entre le discours officiel et les actes observés. Il s’interroge sur la cohérence d’une force qui affirme préparer la défense d’El-Obeid contre une attaque tout en fermant les accès à la ville et en empêchant les civils de partir. Si l’objectif était réellement humanitaire, la priorité serait, selon les auteurs, d’ouvrir des couloirs sûrs permettant l’évacuation des habitants des zones exposées, plutôt que de les maintenir à l’intérieur de la ville. L’existence de nombreux postes de contrôle empêchant les départs est présentée comme la preuve que la ville serait utilisée comme un instrument de pression plutôt que comme une population à protéger. Ce verrouillage poursuivrait, selon cette analyse, un double objectif : utiliser les civils comme boucliers humains afin de protéger les mouvements militaires et maintenir la population à l’intérieur de la ville afin d’alimenter le récit médiatique fondé sur les souffrances humanitaires.

Le texte conclut en affirmant que les événements relèvent d’une véritable « ingénierie de crise » destinée à tromper l’opinion publique. Selon cette analyse, détourner l’attention de Jabra al-Sheikh et de Rahad al-Nuba ne modifierait en rien la réalité militaire sur le terrain. Les auteurs soutiennent que les observateurs et les analystes stratégiques seraient conscients que « la véritable bataille » se préparerait dans le nord, tandis que le « spectacle médiatique » se déroulerait à El-Obeid. Les Forces Ta’sis déclarent ainsi que leur priorité demeure la protection des civils sur l’ensemble du territoire soudanais et affirment ne pas se laisser tromper par ce qu’elles qualifient de manœuvres médiatiques. Elles appellent enfin la communauté internationale et les médias indépendants à ne pas se laisser entraîner par cette stratégie de communication et à porter leur attention sur le Nord-Kordofan, notamment vers Jabra al-Sheikh et Rahad al-Nuba, où, selon elles, se prépareraient les véritables opérations militaires. Le texte conclut que « le silence qui règne dans le nord est celui de la préparation de la guerre, et non celui de la paix ».

Afficher plus
Bouton retour en haut de la page