Un pistolet pour chaque dirigeant : le cadeau d’Erdoğan aux dirigeants de l’OTAN que Keir Starmer n’a pas pu accepter
Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a offert un cadeau peu conventionnel aux chefs d’État et de gouvernement participant au sommet de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), organisé à Ankara : un pistolet gravé au nom de chaque dirigeant, accompagné d’une boîte de munitions réelles.
S’adressant à des journalistes britanniques lors de son vol de retour depuis Ankara, le Premier ministre britannique Keir Starmer a révélé qu’Erdoğan avait offert à chaque dirigeant un pistolet personnalisé portant son nom, ainsi qu’un lot de munitions. Il a expliqué qu’il avait été contraint de laisser son cadeau en Turquie, l’importation d’une telle arme étant interdite par la législation britannique.
Starmer a précisé que le président turc avait joint à chaque arme une note personnelle exemptant son bénéficiaire des restrictions turques à l’exportation. Toutefois, cette autorisation ne suffisait pas à contourner les dispositions du droit britannique relatives à l’importation et à la détention de pistolets.
Il n’a pas été précisé si d’autres dirigeants de l’Alliance avaient rencontré des difficultés similaires pour rapporter ces cadeaux dans leurs pays respectifs.
Des restrictions britanniques strictes
La situation de Keir Starmer s’explique par la législation britannique sur les armes à feu, qui impose des restrictions particulièrement sévères concernant l’importation et la possession de pistolets à usage privé depuis la tragédie de Dunblane en 1996, à la suite de laquelle une interdiction presque totale de ce type d’armes a été instaurée.
En raison de ces dispositions, le pistolet destiné au Premier ministre britannique est resté à Ankara et doit être retiré de la circulation, malgré la note signée par Recep Tayyip Erdoğan l’exemptant des contrôles turcs à l’exportation.
En marge du sommet
Ces cadeaux ont été remis en marge du trente-sixième sommet de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), accueilli par Ankara les 7 et 8 juillet. Il s’agissait du premier sommet de l’Alliance organisé par la Turquie depuis celui d’Istanbul en 2004.
Les discussions ont principalement porté sur les dépenses de défense, le soutien à l’Ukraine ainsi que les relations de défense entre la Turquie et les États-Unis, notamment le dossier des avions de combat F-35.
Keir Starmer a qualifié le sommet de « productif » et a estimé que l’Alliance avait atteint son objectif consistant à préserver « l’unité de ses membres ». Le communiqué final a réaffirmé l’engagement des États membres envers le principe de défense collective inscrit à l’article 5 du traité de l’OTAN, tout en renouvelant le soutien de l’Alliance à l’Ukraine.
Le sommet a également été marqué par les critiques formulées par le président américain Donald Trump à l’encontre de certains alliés européens, tandis que Keir Starmer a affirmé que ses relations avec Donald Trump « ont toujours été bonnes ».
