Moyen-Orient

Israël en état d’alerte face à la possibilité d’attaques en provenance d’Iran ou du Liban


L’armée israélienne a placé l’ensemble de ses systèmes de défense en état d’alerte afin de faire face à tous les scénarios possibles, à la suite de la décision du président Donald Trump de mettre fin au mémorandum d’entente avec Téhéran.

Israël se prépare à une éventuelle riposte de Téhéran, ainsi qu’à une possible réaction en provenance du Liban, dans le contexte des frappes américaines de grande ampleur toujours en cours contre l’Iran et de la décision du président américain Donald Trump de mettre fin au mémorandum d’entente. C’est ce qu’ont rapporté mercredi plusieurs médias israéliens, estimant que cette évolution pourrait également ouvrir la voie à l’effondrement de l’accord-cadre conclu entre l’État d’Israël et le Liban.

Le site d’information israélien Walla a cité une source sécuritaire israélienne, restée anonyme, selon laquelle « l’armée israélienne se prépare à une éventuelle riposte iranienne à la lumière des informations faisant état des frappes américaines contre l’Iran ». La source a ajouté que « les préparatifs de l’armée consistent à maintenir l’ensemble des systèmes de défense en état de préparation afin de faire face à tous les scénarios, qu’ils proviennent du troisième cercle stratégique (en référence à l’Iran) ou du Liban ».

La même source a toutefois souligné que, « jusqu’à présent, aucun préparatif exceptionnel de la part de l’Iran en vue de lancer des missiles contre Israël n’a été détecté ». Elle a ajouté qu’« il demeure également impossible de déterminer l’ampleur exacte des frappes que l’armée américaine mènera contre l’Iran, ce qui empêche, à ce stade, d’évaluer la nature de la réponse iranienne ».

Selon plusieurs observateurs, la reprise d’une confrontation directe entre Washington et Téhéran accroît également le risque d’une extension de l’escalade au front libanais, dans un contexte de préoccupations israéliennes concernant une éventuelle réaction de l’Iran ou de ses alliés dans la région. Des analystes estiment que l’effondrement du cadre d’entente entre les États-Unis et l’Iran pourrait également affecter les arrangements actuellement en vigueur entre Israël et le Liban, faisant peser une nouvelle menace sur la stabilité de la frontière nord.

Par ailleurs, l’élargissement de la confrontation pourrait offrir au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou une marge de manœuvre politique et sécuritaire plus importante pour justifier la poursuite des opérations militaires et le renforcement de la pression exercée sur les adversaires régionaux d’Israël, alors que son gouvernement est confronté à des défis internes de plus en plus importants.

Dans un contexte connexe, la chaîne israélienne Channel 12 a rapporté, en citant un responsable américain ayant requis l’anonymat, que les frappes américaines avaient notamment visé « des bases du Corps des gardiens de la révolution islamique ainsi que des plateformes de lancement de drones dans la région iranienne de Bouchehr ».

Des explosions ont été entendues mercredi soir dans plusieurs villes du sud et du sud-est de l’Iran, tandis que le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a annoncé avoir mené de nouvelles frappes contre l’Iran.

Dans un communiqué, le CENTCOM a indiqué que ces frappes avaient été exécutées « sur ordre du commandant en chef des forces armées », le président Donald Trump, dans le but de « réduire davantage la capacité de l’Iran à menacer la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz ».

Sans fournir de précisions sur les sites visés, le CENTCOM n’a pas détaillé les objectifs des frappes. Toutefois, le média américain Axios a cité un responsable américain, resté anonyme, selon lequel l’armée américaine avait frappé des objectifs militaires iraniens situés dans le détroit d’Ormuz.

Plus tôt dans la journée de mercredi, le président américain Donald Trump avait annoncé que les États-Unis pourraient lancer une nouvelle frappe majeure contre l’Iran au cours de la nuit. Cette déclaration est intervenue quelques heures après des frappes ayant visé des sites à l’intérieur du territoire iranien, en réponse à ce que Washington a présenté comme des attaques menées par Téhéran contre des navires naviguant dans la région du détroit d’Ormuz. Donald Trump a également déclaré que le mémorandum d’entente signé entre Washington et Téhéran le 18 juin dernier était, selon lui, désormais « caduc ».

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