Attaques réciproques entre Téhéran et Washington compliquant le processus de règlement
Le Commandement central américain annonce avoir bombardé des sites militaires iraniens au début de la semaine, tandis que le Corps des gardiens de la révolution islamique d’Iran affirme avoir visé une base américaine en réponse à ces frappes.
Les États-Unis ont annoncé avoir mené des frappes contre des positions militaires iraniennes au début de la semaine, tandis que le Corps des gardiens de la révolution islamique a déclaré ce lundi avoir ciblé une base américaine en représailles, dans le dernier épisode d’une série d’échanges militaires survenant alors que se poursuivent les négociations visant à mettre fin à la guerre déclenchée il y a trois mois.
Le Commandement central américain (CENTCOM) a indiqué dans une publication sur X que ces frappes constituaient une réponse à des « actes hostiles iraniens comprenant l’abattage d’un drone américain de type MQ-1 qui survolait les eaux internationales ».
Le CENTCOM a précisé : « Les avions de combat américains ont réagi rapidement en détruisant des systèmes de défense aérienne iraniens, une station de contrôle au sol ainsi que deux drones d’attaque unidirectionnels qui représentaient une menace manifeste pour les navires transitant dans les eaux territoriales. » Il a ajouté qu’il continuerait à protéger les ressources et les intérêts américains pendant le cessez-le-feu actuellement en vigueur.
Le Corps des gardiens de la révolution islamique a annoncé ce lundi avoir visé une base aérienne utilisée par les États-Unis pour lancer une attaque contre le sud de l’Iran, sans toutefois préciser l’emplacement de cette base.
L’agence de presse officielle a rapporté que les systèmes de défense aérienne du Koweït, où se trouve une importante base américaine, avaient intercepté ce lundi des missiles et des drones, tandis que des sirènes d’alerte retentissaient dans différentes régions du pays, sans fournir davantage de détails.
Malgré cette escalade, le président américain Donald Trump a déclaré ce lundi que Téhéran souhaitait réellement conclure un accord avec les États-Unis et qu’un tel accord serait bénéfique à Washington ainsi qu’à ses alliés.
Il a écrit sur le réseau Truth Social : « L’Iran souhaite réellement parvenir à un accord, et ce sera un bon accord pour Washington et pour ceux qui se tiennent à nos côtés. »
Les États-Unis et l’Iran échangent sporadiquement des frappes depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu au début du mois d’avril, alors même que les négociations se poursuivent en vue d’aboutir à un accord plus durable. Un échange similaire avait déjà eu lieu jeudi dernier, les deux parties l’ayant décrit dans des termes comparables.
La guerre lancée par les États-Unis et Israël le 28 février a causé la mort de milliers de personnes, principalement en Iran et au Liban. Elle a également provoqué une crise économique mondiale en faisant grimper les prix de l’énergie à la suite de la fermeture de facto du détroit d’Ormuz par l’Iran.
Le président américain affirme que son principal objectif dans cette guerre est d’empêcher l’Iran de développer une arme nucléaire à partir d’uranium hautement enrichi. Téhéran nie de manière constante nourrir de telles ambitions.
Donald Trump subit des pressions croissantes pour rouvrir le détroit d’Ormuz et faire baisser les prix de l’essence aux États-Unis avant les élections législatives de novembre, les électeurs manifestent un mécontentement grandissant face à l’augmentation du coût de la vie. Dans le même temps, il risque de faire face à une réaction potentiellement virulente de la part des membres de son propre parti favorables à une ligne dure envers l’Iran, si des concessions venaient à être accordées à Téhéran.
Les divergences persistent également entre les deux parties sur plusieurs autres dossiers, notamment les exigences iraniennes concernant la levée des sanctions et le déblocage de dizaines de milliards de dollars de revenus pétroliers iraniens gelés dans des banques étrangères.
La guerre menée par Israël au Liban contre le mouvement Hezbollah, soutenu par l’Iran, constitue un autre obstacle majeur.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche avoir ordonné aux forces israéliennes d’intensifier leur progression à l’intérieur du territoire libanais dans le cadre de la lutte contre le Hezbollah.
Selon un responsable américain, le secrétaire d’État Marco Rubio s’est entretenu à la fois avec le président libanais Joseph Aoun et avec Benjamin Netanyahu au sujet des négociations diplomatiques entre Israël et le Liban, proposant un plan permettant une « désescalade progressive ».
