Le commandant de l’armée libanaise condamne les attaques contre l’institution militaire
Rodolphe Haykal affirme que remettre en cause le rôle de l’armée, l’accuser de manquements et diffuser des rumeurs sectaires ne le détournera pas de l’accomplissement de ses missions.
Le commandant de l’armée libanaise, le général Rodolphe Haykal, a affirmé vendredi que l’institution militaire poursuit ses missions face aux conséquences de l’agression israélienne, condamnant les attaques dirigées contre elle. Il a précisé que l’armée libanaise constituera un rempart contre les tentatives de déstabilisation et qu’il existe un grand espoir de récupérer chaque parcelle du territoire, en réponse aux critiques et accusations émanant de forces et de personnalités proches du Hezbollah.
Dans un communiqué publié à l’occasion de l’anniversaire de la « Résistance et de la Libération », il a souligné que les attaques contre l’armée libanaise, la remise en cause de son rôle, les accusations de négligence et la diffusion de rumeurs confessionnelles ne l’empêcheront pas de continuer à remplir son devoir.
Des médias, dont certains proches du tandem chiite, ont critiqué l’armée libanaise, accusant sa direction de ne pas être en mesure de répondre aux attaques israéliennes, dans un contexte marqué également par des critiques envers la décision du gouvernement libanais de négocier directement avec l’État hébreu sous médiation américaine.
Les critiques à l’encontre de l’armée se sont intensifiées après la décision de monopoliser les armes entre les mains de l’État, sous la pression internationale et les exigences israéliennes, tandis que le groupe chiite soutenu par Téhéran refuse de se conformer à cette décision, réaffirmant son attachement à son arsenal, dans un climat de craintes d’escalade et de conflit interne ou confessionnel.
Ce n’est pas la première fois que la base populaire du Hezbollah accuse l’institution militaire libanaise de faiblesse, dans un contexte de discussions sur des efforts visant à confier à l’armée la gestion des zones dont l’armée israélienne pourrait se retirer en cas d’accord de paix, mais les campagnes médiatiques et sur les réseaux sociaux ont atteint une ampleur sans précédent.
Rodolphe Haykal a salué l’anniversaire de la Résistance et de la Libération, qui commémore le retrait de l’armée israélienne du sud du Liban le 25 mai 2000 après 22 ans d’occupation, déclarant que « cette occasion constitue une étape nationale lumineuse dans l’histoire du Liban et incarne l’attachement des Libanais à leur terre, leur souveraineté et leur dignité nationale face à l’occupation israélienne ».
Il a souligné que le Liban continue de faire face aux conséquences de l’agression israélienne en cours, qui a causé des destructions massives et fait des milliers de martyrs et de blessés, notamment dans le sud, tout en maintenant l’occupation de certaines terres libanaises.
Il a indiqué que l’armée déploie tous ses efforts dans des conditions complexes et face à des risques croissants, afin de limiter les effets de l’agression et de soutenir les citoyens, en particulier les déplacés et ceux restés dans leurs localités.
Il a également affirmé que l’institution militaire accomplit ses missions parallèlement à ses tâches sécuritaires, notamment la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée, appelant les soldats à rester attachés à leur mission, à maintenir leur préparation et leur moral. Il a insisté sur le fait que la paix civile et l’unité nationale constituent les fondements essentiels de la protection du Liban, et que la fermeté et la détermination de l’armée représentent une garantie de stabilité.
Ces déclarations interviennent dans un contexte d’escalade militaire menée par l’armée israélienne dans le sud du Liban, où quatre personnes ont été tuées et cinq autres blessées, dont deux secouristes, vendredi à l’aube, lors de deux frappes israéliennes.
L’Agence nationale d’information libanaise a rapporté qu’une frappe aérienne israélienne a visé un point de déploiement de « l’Association sanitaire islamique » dans la localité de Hanawiya, dans le district de Tyr, causant la mort de quatre personnes et faisant des blessés parmi les secouristes.
Elle a ajouté que trois autres personnes ont été blessées lors d’une frappe visant la zone d’Al-Hafour, entre les localités de Siddiqine et Qana.
L’agence n’a pas précisé l’identité des victimes, dans un contexte de violations israéliennes de l’accord de cessez-le-feu fragile annoncé le 17 avril et prolongé jusqu’au début du mois de juillet prochain.
Jeudi, le ministère libanais de la Santé a annoncé que le bilan de l’agression israélienne depuis le 2 mars s’élevait à 3 089 morts et 9 397 blessés, en plus du déplacement de plus d’un million de personnes, selon des données officielles.
Israël occupe des zones du sud du Liban, certaines depuis des décennies et d’autres depuis la précédente guerre de 2023–2024, tandis que ses forces ont pénétré lors de l’offensive actuelle à l’intérieur des frontières méridionales du Liban.
