Salam révèle des progrès dans le processus de consolidation d’une trêve fragile
Le Premier ministre libanais estime que l’intensification de l’implication américaine dans les efforts de médiation et de garantie renforce les chances de préserver la trêve et d’éviter son effondrement total, malgré l’escalade sur le terrain dans le sud.
Le chef du gouvernement libanais, Nawaf Salam, a indiqué que le processus de consolidation du cessez-le-feu dans le sud connaît une évolution notable, marquée par une implication accrue des États-Unis dans les efforts de médiation et de garanties, ce qui renforce les chances de préserver la trêve et d’empêcher son effondrement. Cette situation intervient après sa prolongation de 45 jours supplémentaires dans le cadre d’arrangements sécuritaires et politiques encore en discussion.
Salam a expliqué, dans une interview accordée au site « Assas », que cette présence américaine plus soutenue que lors des phases précédentes reflète une orientation internationale plus sérieuse visant à empêcher une reprise de l’escalade militaire. Il a estimé que ce facteur constitue un point positif dans le processus de stabilisation du cessez-le-feu, malgré la persistance d’une situation de fragilité sur le terrain dans le sud du Liban.
Concernant les scénarios évoqués autour de la « réciprocité sécuritaire », c’est-à-dire le lien entre le retrait des forces israéliennes de certaines zones frontalières et le déploiement de l’armée libanaise à leur place, le Premier ministre a confirmé que cette idée reste au stade des discussions préliminaires et n’a pas encore été transformée en formule finale ou en accord contraignant, précisant que les négociations à ce sujet restent ouvertes à de nouveaux développements.
Ces évolutions interviennent dans le cadre d’une trêve fragile en vigueur dans le sud du Liban depuis la mi-avril 2026, à la suite de plusieurs semaines d’affrontements militaires déclenchés en mars de la même année, sur fond d’escalade régionale liée à la guerre américano-israélienne contre l’Iran, faisant du Liban une extension des tensions régionales.
La trêve avait été prolongée de 45 jours afin de permettre la consolidation du cessez-le-feu et l’ouverture de négociations indirectes sous médiation américaine, portant sur des arrangements sécuritaires incluant un retrait progressif des forces israéliennes au sud du Litani, en échange d’un renforcement du déploiement de l’armée libanaise dans ces zones.
Le Hezbollah a averti le gouvernement contre toute dérive vers des options politiques qu’il qualifie de « déviantes », susceptibles de préparer des arrangements avec Israël, appelant à éviter toute voie pouvant mener à un accord de paix, dans un contexte de tension persistante dans le sud.
De l’autre côté, des parties politiques soutenant le gouvernement accusent le d’escalade politique et militaire ayant contribué à entraîner le Liban dans la dynamique du conflit régional, notamment en raison de ses liens avec la guerre opposant l’Iran aux États-Unis et à Israël.
Dans le même contexte, des sources sécuritaires israéliennes estiment que Tel-Aviv considère que l’élimination complète de l’arsenal du Hezbollah est impossible, même en cas d’incursion militaire totale dans le sud, ce qui renforce, selon elles, la nécessité d’une solution politique à long terme plutôt que d’options exclusivement militaires.
Le renforcement du rôle américain intervient alors que la pression internationale s’accentue sur Israël pour mettre fin aux violations répétées de la trêve. Les estimations officielles libanaises font état de plus de 1700 violations enregistrées ces dernières semaines, incluant des frappes aériennes, des bombardements d’artillerie et diverses explosions.
Sur le terrain, deux personnes ont été tuées et une troisième blessée mardi lors de frappes israéliennes visant une moto dans le district de Bint Jbeil et un véhicule de la municipalité de Harouf dans le district de Nabatiyé, dans le sud du Liban, en parallèle de raids aériens ayant ciblé plusieurs localités du sud.
L’Agence nationale de presse libanaise a indiqué qu’« un drone ennemi a visé une moto dans la localité de Frun, dans le district de Bint Jbeil, faisant un martyr », ajoutant que cela s’est produit « en même temps que des frappes aériennes ennemies sur la localité ».
Dans un autre incident, l’agence a rapporté que le citoyen Nasser Ibrahim Nasser est décédé des suites de ses blessures causées par une frappe de drone visant un véhicule de la municipalité de Harouf. Elle a ajouté que Nasser et un autre membre de la municipalité, Jafar al-Chami, se préparaient à distribuer du pain aux habitants, lorsque l’attaque a eu lieu.
Plus tôt, l’agence avait indiqué qu’un drone israélien avait visé un véhicule municipal stationné près du bâtiment de la municipalité de Harouf, faisant un blessé dans un état stable et un autre dans un état critique.
L’aviation israélienne a également mené des frappes sur la localité de Chehabiyeh dans le district de Tyr, ainsi que sur les hauteurs de Rayhan dans la région de Jezzine.
Dans la nuit précédente, des raids avaient visé la localité de Kafra et les environs de Kfardounine dans le district de Bint Jbeil, ainsi qu’une maison sur la route principale de Kafra. La région d’Aarid Dibbin dans le district de Marjeyoun a également été bombardée à l’artillerie.
Entre fragilité sur le terrain et intensification des médiations internationales, la trêve dans le sud du Liban apparaît soumise à un test délicat, où le rôle américain croissant est perçu comme le facteur le plus déterminant pour éviter son effondrement et ouvrir une possible voie vers une désescalade plus durable.
