Golfe Persique

Al-Zaidi s’engage à faire face aux armes hors contrôle en Irak


Le chef du gouvernement affirme sa volonté de réorganiser les appareils sécuritaires et d’adopter une politique équilibrée qui éloigne l’Irak des conflits des axes régionaux.

Le Premier ministre irakien désigné, Ali Falih Al‑Zaidi, a placé le dossier des armes hors contrôle et le rétablissement de l’autorité de l’État au sommet des priorités de son gouvernement, s’engageant à prendre des mesures visant à unifier la décision sécuritaire et à renforcer l’autorité des institutions officielles, alors que les pressions américaines sur Bagdad s’intensifient pour limiter l’influence des factions armées liées à l’Iran.

Lors de la présentation du programme ministériel du nouveau gouvernement au président du Parlement, Haybat Al‑Halbousi, Al-Zaidi a tracé les grandes lignes de la vision de son gouvernement pour les quatre prochaines années, en mettant l’accent sur la réorganisation des appareils sécuritaires et la consolidation du monopole de l’État sur la force militaire, des dossiers considérés parmi les plus sensibles de la scène irakienne depuis plusieurs années.

Le programme gouvernemental a clairement évoqué la nécessité de réserver le port des armes à l’État, parallèlement au renforcement des capacités des services sécuritaires, de renseignement et militaires, afin de permettre l’application de la loi et l’extension de l’influence des institutions officielles sur l’ensemble du territoire irakien. Il comprenait également des engagements visant à réorganiser la relation avec les factions armées, notamment en définissant les rôles et les responsabilités des Popular Mobilization Forces dans les cadres juridiques en vigueur.

Bien que le programme n’ait pas inclus de confrontation directe avec les factions armées, son ton a été interprété comme un signe d’une nouvelle orientation visant à encadrer davantage les activités de ces groupes et à les soumettre plus strictement à l’autorité de l’État, dans un contexte de critiques croissantes adressées à Bagdad en raison de la multiplicité persistante des centres de décision sécuritaire.

Al-Zaidi a également insisté sur la sécurité des frontières et l’assèchement des sources de financement des groupes extrémistes et de la criminalité organisée, soulignant l’importance de bâtir un système sécuritaire unifié et de relier les ressources et les capacités aux institutions officielles, une démarche que des observateurs considèrent comme visant à mettre fin à la fragmentation sécuritaire qui a accompagné l’Irak au cours des dernières années.

Sur le plan extérieur, le chef du gouvernement désigné a insisté sur l’adoption d’une politique équilibrée qui éloigne l’Irak des conflits des axes régionaux et internationaux, affirmant que son gouvernement œuvrera à la protection de la stabilité interne en établissant des relations équilibrées avec les pays voisins et les États arabes, notamment ceux du Golfe, tout en refusant que le territoire irakien soit utilisé comme point de départ pour des agressions ou des conflits régionaux.

Ces engagements interviennent dans un contexte de montée des exigences américaines visant à réorganiser la scène sécuritaire irakienne, Washington estimant que l’influence étendue des factions soutenues par Téhéran constitue un défi direct à la stabilité de l’Irak et aux intérêts des États-Unis dans la région.

L’administration américaine exerce depuis un certain temps des pressions en faveur de la formation d’un gouvernement capable d’imposer la souveraineté de l’État et de réduire l’influence des groupes armés opérant en dehors des institutions officielles, considérant que la poursuite des activités de ces factions maintient l’Irak comme un terrain ouvert aux rivalités régionales et compromet les perspectives de stabilité politique et économique.

Des observateurs estiment que le gouvernement d’Al-Zaidi fera face à une épreuve particulièrement complexe sur ce dossier, d’autant que les gouvernements précédents n’ont pas réussi à instaurer une nouvelle équation sécuritaire mettant fin à la dualité des armes. Toute initiative contre les factions armées pourrait en outre ouvrir la voie à des tensions politiques et sécuritaires internes, en raison des liens étroits entre les forces armées et les partis influents du pays.

Au cours de la récente guerre avec l’Iran, des bases et des intérêts américains en Irak ont été visés par une série d’attaques menées par des factions armées loyales à Téhéran, tandis que le gouvernement de Mohammed Shia’ Al‑Sudani a fait l’objet de critiques américaines pour ne pas avoir pris de mesures décisives afin de freiner ces attaques ou de contenir l’activité des groupes armés.

Des analystes considèrent que la réussite d’Al-Zaidi dans la mise en œuvre de ses engagements dépendra en grande partie du niveau de soutien politique interne dont il bénéficiera, ainsi que du degré de pression internationale, en particulier américaine, pour pousser Bagdad à redéfinir l’équilibre sécuritaire et à réserver l’usage de la force aux seules institutions de l’État.

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