L’Éthiopie : Port-Soudan armerait des mercenaires du Tigré
L’Éthiopie a accusé, mardi, l’armée soudanaise d’armer et de financer des mercenaires affiliés au Front de libération du Tigré, tout en rejetant les accusations de Port-Soudan concernant le bombardement de l’aéroport de Khartoum.
Addis-Abeba a réfuté les accusations formulées par l’armée soudanaise selon lesquelles l’aéroport de Khartoum aurait été frappé par des drones partis de l’aéroport de Bahir Dar, dans la région éthiopienne d’Amhara.
Dans un communiqué, le ministère éthiopien des Affaires étrangères a déclaré rejeter les accusations portées contre le pays lors d’une conférence de presse conjointe tenue par les Forces armées soudanaises, le ministre soudanais des Affaires étrangères et le porte-parole militaire soudanais, affirmant qu’elles sont dépourvues de preuves, qu’elles contredisent la nature des relations historiques entre les deux pays et qu’elles « n’ont aucun fondement ».
Le ministère a souligné que les peuples éthiopien et soudanais sont liés par des relations d’amitié historiques et solides, ajoutant que, soucieuse de préserver ces liens, l’Éthiopie a fait preuve de retenue et s’est abstenue de révéler ce qu’elle a qualifié de « violations graves » commises par des parties impliquées dans la guerre au Soudan à l’encontre de l’intégrité territoriale et de la sécurité nationale de l’Éthiopie.
Le communiqué a précisé que, parmi ces violations, figurait ce qu’il a décrit comme l’utilisation à grande échelle de mercenaires affiliés au Front de libération du Tigré dans le conflit, ajoutant que, selon les accusations éthiopiennes, les Forces armées soudanaises auraient fourni des armes et un soutien financier à ces éléments, leur permettant de pénétrer dans les zones frontalières occidentales de l’Éthiopie.
Le texte indique que les activités de ces groupes à l’intérieur du Soudan sont « documentées et connues », et qu’il existe « des preuves étendues et fiables » suggérant que le territoire soudanais est utilisé comme plateforme par plusieurs forces hostiles à l’Éthiopie.
Il ajoute que ces développements, ainsi qu’une série d’accusations antérieures, s’inscrivent dans un contexte d’incitation attribuée à des parties extérieures (non mentionnées) cherchant à servir leurs propres intérêts.
En parallèle, Addis-Abeba a affirmé qu’elle continuerait à soutenir le peuple soudanais et à préserver les relations d’amitié entre les deux pays durant cette phase critique, renouvelant son appel à une solution politique pour mettre fin à la guerre au Soudan.
Le communiqué insiste sur le fait qu’« il n’existe pas de solution militaire à la crise soudanaise » et appelle à un arrêt immédiat des combats, à l’instauration urgente d’une trêve humanitaire, suivie d’un cessez-le-feu durable et du lancement d’un processus de dialogue et de transition civile globale et transparente, conduisant au rétablissement d’un pouvoir civil et à une paix durable.
La région du Tigré a connu une guerre dévastatrice en 2020, qui a duré deux ans et fait des centaines de milliers de morts.
Malgré la conclusion d’un accord de paix entre les deux parties en novembre 2022, mettant fin au conflit par des arrangements sécuritaires prévoyant la dissolution, le désarmement et la réintégration des forces du Front dans les institutions éthiopiennes, ces dispositions n’ont pas été mises en œuvre à ce jour. Le Front de libération du Tigré conserve encore des milliers de combattants, ce qui alimente les craintes d’affrontements entre ses forces et l’armée éthiopienne, notamment après la demande d’assistance adressée par le chef de l’administration intérimaire de la région au gouvernement fédéral.
