Politique

Une lettre fait exploser la défense de Nicolas Sarkozy dans l’affaire du financement libyen


Le quotidien Le Monde a révélé une évolution notable survenue dans le procès en appel relatif à l’affaire du financement libyen de la campagne de l’ancien président Nicolas Sarkozy.

Selon le journal, Claude Guéant, l’un des plus proches anciens collaborateurs de Sarkozy, a porté un nouveau coup à la défense de ce dernier par une seconde lettre officielle adressée à la cour.

Le journal précise que Guéant, qui fut directeur de cabinet de Sarkozy avant de devenir secrétaire général du palais de l’Élysée puis ministre, a transmis ce témoignage dimanche, alors que les répercussions de sa première lettre, présentée devant la cour le 14 avril, ne se sont pas encore dissipées.

Cette démarche constitue, selon le reportage, une escalade indirecte au sein de l’ancien premier cercle du président.

D’après Le Monde, la nouvelle lettre, rédigée dans un style prudent et officiel, contient des allusions claires suggérant que Sarkozy a fourni des déclarations inexactes lors des audiences d’appel.

Dans une formulation décrite comme « courtoise mais incisive », Guéant laisse entendre qu’il a personnellement informé Sarkozy des détails d’une rencontre qu’il avait eue à Tripoli avec Abdullah al-Senussi, ancien responsable des services de renseignement libyens et figure centrale de l’affaire.

Le journal ajoute que cette rencontre, remontant à une période sensible des relations franco-libyennes, constitue un élément clé du dossier d’accusation, d’autant plus qu’al-Senussi est soupçonné d’implication dans des affaires sécuritaires majeures, rendant tout contact avec lui sujet à un examen judiciaire attentif.

Le Monde indique également que Guéant a joint à son dossier soumis à la cour des éléments visuels, dont des extraits d’un documentaire montrant sa présence aux côtés de Sarkozy lors d’une visite à Tripoli en juillet 2007, ainsi qu’une autre photographie montrant la présence d’al-Senussi à proximité de la délégation française en 2005, ce qui, selon des observateurs, renforce l’hypothèse d’un contact direct ou indirect entre les deux parties.

Le journal souligne que l’absence de Guéant aux audiences en raison de son état de santé ne l’a pas empêché d’influencer le déroulement de l’affaire. Sa lettre, de trois pages, comporte six points principaux d’importance variable visant à « clarifier les faits » de son point de vue, tout en affaiblissant sensiblement la version présentée par la défense de Sarkozy.

Le Monde considère que ces développements constituent un nouveau revers pour l’ancien président français, déjà confronté à un parcours judiciaire complexe dans cette affaire sensible, alors que la pression s’intensifie avec l’accumulation de témoignages et de documents susceptibles de redessiner la chronologie des événements liés à sa campagne électorale.

Le journal conclut en indiquant que l’audience de mercredi, au cours de laquelle cette lettre sera lue devant la cour, pourrait constituer une étape décisive dans le procès, dans un contexte où les signes d’un affaiblissement progressif de la position juridique de Sarkozy se multiplient.

Âgé de 70 ans, Sarkozy est devenu le premier président de l’histoire moderne de la France à être incarcéré après sa condamnation pour avoir obtenu des fonds pour sa campagne présidentielle de 2007 auprès du dirigeant libyen Muammar Gaddafi.

Sarkozy a été condamné à une peine de cinq ans de prison, mais il a bénéficié d’une libération conditionnelle sous contrôle judiciaire après seulement vingt jours passés en détention.

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