Politique

Rapport israélien : une implication chinoise non déclarée dans les pourparlers entre l’Iran et les États-Unis


Le rapport affirme que Pékin a mis en garde la direction iranienne contre la conclusion d’un accord qui permettrait aux Américains d’obtenir un point d’appui dans le secteur pétrolier iranien.

Un quotidien israélien a indiqué que la Chine est impliquée en coulisses dans les contacts entre l’Iran et les États-Unis et cherche à coopérer avec les dirigeants du Corps des gardiens de la révolution islamique, dans le but « d’assouplir leurs positions », et ce malgré les démentis répétés de la partie chinoise quant à tout rôle de médiateur dans la crise, tout en affirmant son soutien aux solutions pacifiques pour mettre fin au conflit.

Le journal Israel Hayom a rapporté mercredi soir, citant des sources diplomatiques de la région, que la Chine a averti qu’elle élargirait la recherche de sources alternatives de pétrole et de gaz en cas de poursuite du blocus du détroit d’Ormuz, et qu’elle pourrait même suspendre l’accord de partenariat stratégique global avec l’Iran.

Selon les mêmes sources, Pékin a également averti la direction iranienne « des conséquences de la conclusion d’un accord qui permettrait aux Américains d’obtenir un point d’appui dans le secteur pétrolier iranien ».

Le journal a souligné que l’inquiétude chinoise découle d’une proposition iranienne soumise aux États-Unis avant même la guerre, prévoyant l’entrée de sociétés américaines dans le secteur pétrolier, sa réhabilitation et son développement, en échange de rendements financiers substantiels.

Il a ajouté que cette proposition a également été mise sur la table des négociations ces dernières semaines, les Iraniens exigeant en contrepartie « le déblocage des fonds gelés et la levée des sanctions ».

Les autorités chinoises ont, à plusieurs reprises par l’intermédiaire de leurs porte-parole officiels, affirmé adopter une position « neutre et objective », fondée sur le soutien au dialogue sans s’engager dans des processus de négociation directs. Elles ont également souligné qu’elles n’ont participé à aucune activité susceptible d’attiser les tensions, une déclaration qui est implicitement interprétée comme un démenti de tout rôle actif de médiation.

Parallèlement, la Chine a nié des informations occidentales faisant état d’un soutien militaire ou technique à l’Iran, ou d’une implication dans des arrangements susceptibles d’influer sur l’équilibre du conflit. Ce démenti renforce le discours de Pékin selon lequel elle n’est pas partie prenante dans la gestion de la crise, ni politiquement ni militairement, et qu’elle cherche à préserver sa position d’acteur international appelant à l’apaisement sans implication directe.

D’autre part, certaines données officielles indiquent l’absence de la Chine dans les canaux de médiation effectifs, où des pays comme Oman, Qatar, Turkey et Pakistan sont évoqués comme des acteurs potentiels de médiation. Aucun indice fiable ne suggère que Pékin dirige un processus de négociation direct entre Téhéran et Washington.

Néanmoins, le nom de la Chine est évoqué dans ce contexte en raison de son succès passé dans le parrainage de l’accord de rapprochement entre l’Iran et l’Arabie saoudite en 2023. Toutefois, la complexité des relations entre l’Iran et les États-Unis, ainsi que leur imbrication dans la rivalité stratégique mondiale, conduisent la partie chinoise à se limiter à un soutien politique général, sans s’engager comme médiateur direct dans la crise actuelle.

Mardi soir, le président américain Donald Trump a annoncé la prolongation de la trêve de deux semaines avec l’Iran, en attendant la présentation par ce dernier de sa proposition concernant les négociations visant à parvenir à un accord pour mettre fin à la guerre.

Le 8 avril, Washington et Téhéran avaient annoncé une trêve de deux semaines, avant que la capitale pakistanaise Islamabad n’accueille, le 11 du même mois, un cycle de discussions entre les deux parties, sans parvenir à un accord.

Les États-Unis et Israël ont lancé une guerre contre l’Iran le 28 février, faisant plus de 3 000 morts, avant que Washington et Téhéran n’annoncent, le 8 avril, une trêve dans l’espoir de conclure un accord mettant fin à la guerre.

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