Le Liban construit un pont alternatif sur le Litani pour faire échouer un plan d’isolement du Sud
L’armée libanaise s’emploie à faciliter la circulation des déplacés et à les aider à regagner leurs régions malgré les menaces israéliennes.
L’armée a établi un pont de substitution au pont de Tayr Falsay, qui relie le sud du fleuve Litani à sa rive nord, après qu’Israël l’a pris pour cible lors de violentes frappes pendant la récente escalade. Cela témoigne des efforts des autorités libanaises pour contrecarrer un projet israélien visant à isoler certaines zones du Sud en vue de les occuper de manière permanente.
Le commandement de l’armée a annoncé, dans un communiqué, l’achèvement « des travaux de construction d’un pont alternatif au pont de Tayr Falsay – Tyr, en coopération avec le ministère des Travaux publics et des Transports et l’Autorité nationale du fleuve Litani ». Il a précisé que le pont « est désormais praticable pour les véhicules ».
L’Autorité nationale du fleuve Litani a également indiqué, dans un communiqué, qu’en coordination avec l’armée libanaise, un pont avait été achevé à Tayr Falsay et que le passage alternatif avait été mis en service, rétablissant la liaison entre les deux rives du fleuve et assurant la continuité du trafic.
Les travaux ont compris « l’installation de conduites en béton et d’ouvrages temporaires conformes aux normes d’ingénierie, dans un délai record en réponse aux circonstances d’urgence », selon l’Autorité.
L’armée israélienne avait ciblé les ponts reliant le sud du Litani à sa rive nord, au nombre de neuf ponts principaux s’étendant de la zone du lac Qaraoun jusqu’à la mer Méditerranée.
Parmi ces ponts, sept se situent dans le Sud, dont quatre principaux : Qasmiyeh, Khardali, Qaqaiyat et Tayr Falsay, et trois secondaires : l’ancien Qasmiyeh, Barghoz et Zrariyeh, en plus de deux ponts dans la région de la Békaa occidentale.
Dimanche, l’armée a rouvert entièrement la route Khardali–Nabatieh, ainsi que partiellement le pont Borj Rahal–Tyr (Qasmiyeh).
Des médias israéliens avaient auparavant rapporté que l’armée israélienne avait réorganisé son déploiement selon trois strates géographiques s’étendant de la bande frontalière jusqu’à l’intérieur du territoire libanais afin de maintenir une présence permanente dans les zones occupées.
Lundi, l’armée israélienne a averti les habitants du sud du Liban de ne pas se déplacer au sud d’une ligne de villages déterminée ni de s’approcher des zones proches du fleuve Litani, affirmant que ses forces restaient déployées dans la région pendant la période de cessez-le-feu en raison de ce qu’elle a qualifié de poursuite des activités du Hezbollah.
Dans un communiqué, le porte-parole de l’armée israélienne, Avichay Adraee, a exhorté les civils libanais à ne pas retourner dans plusieurs villages frontaliers jusqu’à nouvel ordre, évoquant des risques sécuritaires.
Jeudi, un cessez-le-feu temporaire de dix jours, renouvelable, est entré en vigueur. Israël l’a toutefois violé à plusieurs reprises par des bombardements ayant causé des morts et des blessés, ainsi que par la destruction d’habitations.
Depuis le 2 mars dernier, Israël mène une offensive contre le Liban, qui a fait 2 294 morts, 7 544 blessés et plus d’un million de déplacés, selon les derniers chiffres officiels.
