Moyen-Orient

Un aveu rare : pourquoi l’armée israélienne a-t-elle dissimulé les estimations d’une attaque du Hezbollah ?


Après la fuite d’évaluations sécuritaires vers les médias internationaux, un débat a éclaté en Israël concernant l’absence d’avertissement préalable adressé au public au sujet d’une attaque du Hezbollah.

L’armée israélienne a reconnu avoir commis une erreur en ne tenant pas l’opinion publique informée avant l’attaque de missiles et de drones lancée par le Hezbollah contre le nord d’Israël dans la nuit de la veille, notamment après la fuite sur les réseaux sociaux d’évaluations de Tel-Aviv concernant l’attaque planifiée et leur publication dans les médias internationaux. 

L’armée a expliqué qu’elle disposait d’indications selon lesquelles le Hezbollah préparait une attaque plus importante que d’ordinaire. Toutefois, cette opération n’avait pas été évaluée à ce moment-là comme étant exceptionnelle ou d’une ampleur extrêmement élevée, notamment parce que le mouvement avait déjà lancé des centaines de roquettes contre Israël durant la période de guerre avec l’Iran.

Plus tard dans la soirée, ces indications ont fuité sur les réseaux sociaux, ce qui a conduit plusieurs conseils régionaux du nord d’Israël à avertir leurs habitants d’un possible bombardement massif en provenance du Liban.

La chaîne CNN a également rapporté, citant des responsables israéliens, que Tel-Aviv s’attendait à une possible « expansion majeure » des attaques menées par le Hezbollah et l’Iran.

Des responsables militaires ont reconnu que l’armée aurait dû faire preuve de davantage de transparence envers le public israélien concernant ces estimations avant que l’attaque ne se produise, en particulier après leur diffusion sur Internet, afin de préserver la confiance de la population.

L’armée avait déjà commencé à informer les autorités locales dans le nord peu de temps avant le début de l’attaque du Hezbollah. Cependant, des responsables militaires admettent que cette démarche est intervenue trop tardivement, estimant que le public aurait dû être averti bien plus tôt.

L’armée israélienne a confirmé qu’une enquête serait menée sur cet incident et que des leçons en seraient tirées. Elle a également indiqué qu’à l’avenir, elle s’efforcerait d’informer le public des derniers développements avant toute attaque majeure potentielle.

L’attaque du Hezbollah

Selon l’armée israélienne, l’attaque du Hezbollah comprenait environ 200 roquettes et 20 drones, précisant que ce nombre ne représentait qu’un tiers de ce que le mouvement avait initialement prévu.

La grande majorité des roquettes ont été interceptées ou sont tombées dans des zones ouvertes. Deux roquettes ont toutefois atteint des zones résidentielles, causant des dégâts matériels et blessant légèrement deux personnes.

Presque tous les drones ont été interceptés, à l’exception d’un appareil tombé près d’une localité frontalière sans exploser, selon l’armée.

D’après l’armée israélienne, plusieurs opérations préventives ont été menées pour contrecarrer l’attaque, notamment la frappe d’au moins une plateforme de lancement de roquettes et de plusieurs centres de commandement du Hezbollah au Liban.

Dès le début de la salve de roquettes, l’armée israélienne a lancé des frappes contre les plateformes de lancement qu’elle avait pu identifier, affirmant avoir détruit environ la moitié d’entre elles.

Depuis le 2 mars, date à laquelle le Hezbollah a commencé ses attaques contre Israël en réponse à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, le mouvement a lancé environ 100 roquettes par jour, selon l’armée israélienne. Celle-ci précise que les deux tiers de ces roquettes visaient ses forces opérant dans le sud du Liban et le long de la frontière, tandis que le tiers restant était dirigé vers Israël.

Par ailleurs, le Hezbollah a lancé plus de 100 drones contre Israël durant cette période, dont la très grande majorité a été abattue par l’armée de l’air israélienne, selon la même source.

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