Des tirs à Tripoli et à Zawiya : le chaos des milices aggrave la crise libyenne
La situation d’insécurité continue de s’aggraver dans l’ouest de la Libye, dans un contexte marqué par l’expansion de l’influence des groupes armés et l’augmentation des affrontements entre eux.
Les confrontations entre milices contribuent à approfondir la crise que traverse le pays et à accroître les souffrances des civils, en particulier dans la capitale Tripoli et ses environs.
Violents affrontements à Zawiya
Dans l’un des derniers épisodes de cette tension, la ville de Zawiya, située à l’ouest de Tripoli, a été le théâtre, dès l’aube de lundi, de violents affrontements armés dans la rue Al-Qana’a. Les combats ont opposé des éléments affiliés à Mahmoud Ben Rajab, commandant de la force de soutien de la Direction de la sécurité de Tripoli, désigné par le Conseil présidentiel, à des membres de la Première brigade de soutien dirigée par Mohammed Bahrun, connu sous le surnom d’« Al-Far ».
Selon des sources locales, les affrontements ont entraîné la mort du jeune Mouayyad Dou, qui se trouvait à bord d’un véhicule blindé visé par des tirs directs, ce qui a déclenché des affrontements armés entre les formations rivales dans la région.
Ces combats ont provoqué un état de panique parmi les habitants, en particulier parmi les familles et les clients présents dans les magasins de vêtements situés à proximité du lieu des affrontements. La route côtière a également été fermée au niveau du feu de signalisation connu sous le nom d’« intersection Al-Dhaman », alors que l’intensité des combats augmentait.
Tirs à Tripoli
Parallèlement aux événements de Zawiya, des habitants de Tripoli ont signalé avoir entendu des tirs provenant d’armes de moyenne portée aux abords de l’Université de Tripoli et dans la zone de Tariq Al-Shouk, ravivant les craintes d’une extension des tensions sécuritaires à l’intérieur de la capitale.
Ces développements surviennent alors que la capitale traverse une période de forte vigilance sécuritaire, marquée par la présence étendue de groupes armés et la multiplication des frictions entre eux dans un contexte de lutte pour le contrôle des zones d’influence et des sources de pouvoir.
Les raisons de l’escalade
L’analyste militaire libyen Mohammed Al-Tarhouni estime que la persistance du chaos des milices en Libye s’explique par l’absence de responsabilité et par l’impunité dont bénéficient ces groupes armés, ce qui leur a permis d’accroître leur audace et leur influence.
Dans des déclarations accordées à Al-Ain News, Al-Tarhouni a affirmé que la division politique et la rivalité entre les institutions, ainsi que la controverse entourant le récent remaniement ministériel, ont ouvert la voie aux milices pour redéfinir leurs zones de contrôle et chercher à renforcer leur influence au sein des institutions de l’État.
Il a souligné que mettre fin à ce chaos ne sera possible qu’à travers l’unification de l’institution militaire libyenne, le désarmement et le démantèlement des milices, ainsi que leur retrait des villes, en plus de la poursuite judiciaire des personnes impliquées dans des actes de violence.
Il a également insisté sur la nécessité de lancer des programmes de réhabilitation pour les membres de ces formations et d’intégrer ceux qui remplissent les conditions requises au sein des institutions sécuritaires et militaires officielles. Une telle démarche permettrait de rétablir le monopole de l’État sur les armes et de mettre un terme au cycle récurrent d’affrontements qui menace la sécurité des Libyens et la stabilité du pays.
