Politique

Destination l’Iran : les États-Unis retirent des milliers de bombes guidées de Corée du Sud


Des sources de défense sud-coréennes ont révélé que les États-Unis ont retiré plus d’un millier de kits de guidage pour bombes intelligentes de leurs dépôts militaires en Corée du Sud, dans le cadre de la confrontation militaire élargie avec l’Iran.

Ces kits se composent de dispositifs de guidage fonctionnant grâce au système de positionnement global (GPS) ou au laser, ainsi que d’ailes de contrôle pouvant être fixées sur des bombes conventionnelles afin de les transformer en munitions à guidage de précision.

Le coût d’un seul kit varie entre 20 000 et 55 000 dollars, ce qui en fait une option moins coûteuse que d’autres types de munitions intelligentes, tout en conservant une capacité élevée de précision dans la frappe des cibles.

Cependant, des experts militaires estiment que l’efficacité de ces bombes au cours des premières phases d’un éventuel conflit avec l’Iran pourrait être limitée, car leur utilisation exige que des avions de chasse ou des bombardiers survolent les zones ciblées avant de les larguer. Cela pourrait exposer ces appareils à des risques considérables face au réseau de défense aérienne iranien, sophistiqué et structuré en plusieurs couches.

Ces défis sont déjà apparus lors des opérations aériennes américaines au-dessus du Yémen, où des avions de chasse de type F-16 et F-35 ont dû effectuer des manœuvres d’évitement répétées afin d’échapper aux défenses aériennes locales, pourtant beaucoup moins avancées que celles dont dispose l’Iran.

Un bombardier B-1 Lancer largue des munitions.

Des discussions pour transférer des systèmes de défense aérienne vers le Moyen-Orient

Le retrait des bombes guidées coïncide avec des discussions militaires intensives entre Washington et Séoul concernant le redéploiement au Moyen-Orient de systèmes de défense aérienne américains actuellement stationnés en Corée du Sud.

Le ministre sud-coréen des Affaires étrangères, Cho Hyun, a confirmé que les armées américaine et sud-coréenne examinent la possibilité de transférer certaines batteries de défense aérienne à longue portée de type MIM-104 Patriot appartenant à l’armée américaine afin de soutenir d’éventuelles opérations militaires contre l’Iran.

Une telle mesure n’est pas sans précédent. L’armée américaine avait déjà redéployé deux systèmes Patriot, ainsi qu’environ 500 soldats, de la Corée du Sud vers le Moyen-Orient entre mars et octobre 2025.

Par ailleurs, le retrait de la flotte d’hélicoptères d’attaque américains de type Apache AH-64 de Corée du Sud en janvier dernier a suscité des inquiétudes au sein des milieux de défense sud-coréens quant à l’impact de ces mouvements sur l’équilibre militaire dans la péninsule coréenne.

Des rapports sud-coréens indiquent également que le Pentagone étudie des options plus larges, incluant le redéploiement d’éléments du système de défense avancé THAAD, l’un des systèmes de défense antimissile les plus sophistiqués des États-Unis. La Corée du Sud est le seul pays étranger à accueillir un déploiement permanent de ce système depuis 2016.

Bien que le scénario le plus probable consiste à transférer uniquement des missiles intercepteurs afin de renforcer les stocks américains au Moyen-Orient, la possibilité que des radars, des centres de commandement ou des plateformes de lancement américains soient détruits en cas d’affrontement avec l’Iran pourrait pousser Washington à remplacer des systèmes complets à partir des stocks stationnés en Corée du Sud.

Il convient de noter que les États-Unis ne disposent que de huit systèmes THAAD dans le monde, dont certains sont actuellement déployés en Israël et en Jordanie.

Des répercussions stratégiques en Asie de l’Est

Ces mouvements militaires interviennent à un moment particulièrement sensible pour la sécurité en Asie du Nord-Est, alors que la Corée du Nord poursuit un vaste programme de modernisation de ses forces armées à un rythme sans précédent. Une évaluation publiée par la Defense Intelligence Agency américaine à la mi-2025 a indiqué que Pyongyang avait atteint « la position stratégique la plus forte depuis des décennies », avec des capacités militaires croissantes lui permettant de menacer les forces américaines et leurs alliés dans la région, tout en renforçant sa capacité à frapper le territoire américain.

Par ailleurs, certains analystes estiment que Washington n’a pas procédé récemment à une modernisation équivalente de ses forces en Corée du Sud, ce qui aurait entraîné un déséquilibre progressif du rapport de forces dans la péninsule coréenne au détriment des intérêts américains.

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