Iran

La guerre contre l’Iran à l’épreuve du mouvement « MAGA » : les partisans l’emportent sur les opposants


Le mouvement « MAGA » (Make America Great Again), pilier de la base électorale de Donald Trump, se déchire entre partisans et détracteurs de l’offensive contre l’Iran.

Tucker Carlson, figure médiatique influente proche de la Maison-Blanche et fervent défenseur de la doctrine « America First », a fermement rejeté la décision de l’administration Trump de frapper l’Iran. Selon lui, cette initiative va « radicalement altérer » l’équilibre interne du mouvement.

À l’opposé, des voix comme celle de Batya Ungar-Sargon (NewsNation) affirment que Carlson n’est qu’une figure polémique ne représentant pas la majorité de la base trumpiste. Selon elle, celle-ci est « ravie » que le président ait lancé cette guerre en coordination avec Israël pour « renverser » le régime, comme le rapporte le site Responsible Statecraft. Ungar-Sargon anticipe une multiplication des titres de presse sur les « divisions pro-Trump » dans les médias de gauche, qu’elle qualifie d’hostiles à Trump et de complaisants envers le Guide suprême Ali Khamenei. Pour elle, la réalité est simple : « quatre podcasteurs d’un côté face à 93 % de la base de l’autre. »

Cette analyse semble corroborée par de récents sondages indiquant que les partisans de Trump soutiennent l’offensive iranienne, tout comme ils avaient approuvé l’arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro. Un sondage de CNN révèle d’ailleurs que les fidèles de Trump sont 30 points plus favorables aux frappes que les républicains non-alignés sur le président.

Nancy Mace, représentante républicaine et figure de proue du mouvement, soutient cette ligne : « Pendant des décennies, le régime iranien a financé le Hezbollah, le Hamas et les Houthis… Nous coupons court au terrorisme mondial. » Le journaliste Josh Hammer abonde en ce sens, affirmant que Trump « ne déclenche pas une nouvelle guerre sans fin, mais met fin à une guerre existante. » Il fustige les critiques de Carlson, les qualifiant d’« outils sectaires » parlant au nom des ennemis de la civilisation américaine plutôt qu’au nom de la base populaire.

Lundi dernier, dans une nouvelle vidéo, Carlson a décrit ce qu’il perçoit comme une « purge » des éléments modérés de MAGA par les néoconservateurs et les « faucons », qui réorientent le mouvement à leur guise. Il compare la brutalité de ce débat de politique étrangère à un match de tennis où le vainqueur, au lieu de faire preuve de fair-play, chercherait à « achever son adversaire ».

Pourtant, lors de ses campagnes de 2016, 2020 et 2024, Trump — alors soutenu par Carlson — avait promis de mettre fin aux « guerres sans fin » et de refuser les changements de régime basés sur des « mensonges », dénonçant régulièrement le néoconservatisme de George W. Bush.

Bien que les conservateurs prônant une politique de non-intervention ne s’identifient pas toujours comme « trumpistes » dans les sondages, leurs voix sont influentes. Marjorie Taylor Greene, représentante républicaine, rappelle sans cesse les promesses électorales : « Nous avons dit : plus de guerres étrangères, plus de changements de régime ! Nous l’avons scandé à chaque rassemblement. » Elle s’étonne de voir l’administration, y compris le vice-président J.D. Vance, s’éloigner de ce principe de priorité nationale.

L’opposition vient également de milieux inattendus. Erik Prince, fondateur de Blackwater, a exprimé son « désaccord profond » sur le fait de « soumettre notre politique étrangère à celle d’Israël ». De même, l’animatrice Megyn Kelly a déclaré : « Personne ne devrait mourir pour un pays étranger… Il me semble évident que c’est la guerre d’Israël. »

Enfin, Matt Walsh (The Daily Wire), bien qu’ayant soutenu le changement de régime au Venezuela, avoue sa confusion face à la rhétorique actuelle : « On nous dit que ce n’est pas une guerre de changement de régime, alors que nous avons éliminé tout le système… Les messages sont brouillés. »

Selon Steve Bannon, les chiffres restent pourtant incertains. Un sondage du New York Times n’accorde que 21 % de soutien à la guerre chez l’ensemble des Américains (40 % chez les républicains). Pour Greene, la base fidèle de Trump soutiendra ses actions par loyauté politique, tandis que les conservateurs plus doctrinaux rejettent le risque d’un nouvel enlisement militaire.

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