Frères musulmans du Yémen et Al-Qaïda : une collusion à Wadi Obeida révélée par les frappes et les drones américains
Les frappes américaines successives contre Wadi Obeida, dans la province de Ma’rib, ont placé les Frères musulmans du Yémen dans une situation sécuritaire et politique délicate, après que cette vallée, située sous leur influence directe, s’est transformée en « nid de frelons » et en refuge sûr pour certains des plus dangereux dirigeants d’Al-Qaïda dans la péninsule Arabique.
Les autorités affiliées aux Frères musulmans à Ma’rib appliquent une politique systématique de « laisser-faire » à l’égard des déplacements des cadres d’Al-Qaïda dans la vallée de Wadi Obeida, qui s’étend sur plus de 130 kilomètres. Malgré l’activité manifeste du groupe, aucune véritable campagne sécuritaire n’aurait été menée contre lui, ce qui confirmerait, selon ces sources, une stratégie consistant à utiliser la « carte Al-Qaïda » comme instrument de pression locale contre les adversaires et comme levier de négociation vis-à-vis de la communauté internationale.
Le ciel du district de Wadi Obeida est devenu un théâtre permanent pour les drones, venus combler le vide sécuritaire attribué à l’inaction délibérée des Frères musulmans. Les frappes auraient visé des figures de premier plan circulant librement dans les bastions d’Al Jallal et d’‘Irq Al Shabwan. Parmi elles figurent Ibrahim al-Banna, responsable de l’appareil sécuritaire d’Al-Qaïda, ciblé lors d’une frappe le 4 février dernier, qui a également coûté la vie à son fils ainsi qu’au fils de l’ancien chef Khalid Batarfi ; Ibrahim al-Qahtani, l’un des fondateurs de la branche du groupe et recherché au niveau international ; Othman al-Najdi, responsable de la fabrication militaire au sein de l’organisation ; ainsi que Qassem al-Raymi, ancien chef du groupe, tué dans la même vallée en 2021.
Ces derniers mois ont été marqués par une intensification des frappes aériennes ayant éliminé des experts en explosifs, des spécialistes de la maintenance de drones et des cadres religieux, tels que Kholan al-San’ani, Kamal al-San’ani et Mounir Bajli al-Ahdal. Des observateurs estiment que la succession de ces éliminations au cœur d’une zone sous influence des Frères musulmans démontre que la vallée n’était pas un simple couloir de passage, mais bien un centre de commandement fortifié bénéficiant, selon ces analyses, d’une protection politique et organisationnelle du parti Al-Islah, branche yéménite des Frères musulmans.
