Point de passage de Rafah : une porte tournante offrant à Israël un contrôle à distance
Israël a dévoilé le mécanisme de fonctionnement du point de passage frontalier de Rafah entre la bande de Gaza et l’Égypte, dont l’exploitation expérimentale a débuté dimanche.
Malgré l’absence de présence israélienne directe au point de passage, et sa remise à des opérateurs palestiniens ainsi qu’à une délégation européenne, Israël exercera un contrôle à distance sur les mouvements qui y transitent.
Israël a qualifié l’essai initial d’exploitation du point de passage de Rafah entre Gaza et l’Égypte de « très réussi », alors qu’il se prépare à son ouverture officielle lundi.
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Ouverture expérimentale
L’Autorité israélienne de radiodiffusion a indiqué : « Un essai préliminaire a été mené aujourd’hui (dimanche) pour l’exploitation du point de passage de Rafah, en préparation de son ouverture aux habitants de Gaza pour l’entrée et la sortie du territoire via la frontière égyptienne. L’essai a été très réussi. »
Elle a ajouté : « Des tests des systèmes du point de passage ont été effectués ce matin, l’intégrité des infrastructures a été confirmée, et une simulation du passage des bus et des ambulances a été réalisée. Un briefing a également été présenté à toutes les parties concernées : les Palestiniens chargés de l’exploitation du point de passage et la délégation de l’Union européenne. »
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Elle a poursuivi : « Plus tôt dans la journée, une délégation de l’Union européenne est entrée dans la bande de Gaza via le point de passage de Kerem Shalom, accompagnée par l’armée israélienne. De là, elle rejoindra le point de passage de Rafah par le corridor de Philadelphie. »
Elle a précisé : « Le point de passage a été ouvert aujourd’hui pour la première fois depuis le début de la guerre en octobre 2023, dans les deux sens. À ce stade, l’entrée et la sortie du territoire seront limitées aux seuls habitants de Gaza. »
Selon la même source, « la capacité d’accueil initiale du point de passage est estimée à environ 200 personnes. Les estimations indiquent que le nombre de sortants sera supérieur à celui des entrants ».
Elle a également indiqué que « l’entrée des journalistes étrangers a été interdite ».
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La porte tournante
La radio israélienne a souligné qu’« Israël approuvera la liste des noms des personnes autorisées à quitter Gaza. Celles-ci passeront par le point de passage, qui sera exploité par des Gazaouis sous la supervision d’une délégation de l’Union européenne. À la sortie du point de passage, une porte tournante est contrôlée à distance par des responsables de la sécurité israélienne, leur permettant d’empêcher les Gazaouis de franchir le passage à distance ».
Elle a ajouté : « Autrement dit, il n’y aura pas de présence israélienne sur place, mais une technologie permettra à Israël d’empêcher la sortie des personnes non autorisées, telles que de hauts responsables du Hamas. »
Concernant l’entrée à Gaza depuis l’Égypte, elle a précisé : « Seuls les habitants autorisés pourront entrer à Gaza. Ils passeront par le point de passage, puis seront transportés en bus vers un poste de contrôle israélien, où ils feront l’objet d’un contrôle d’identité et d’une fouille corporelle. L’objectif est de garantir que seules les personnes disposant d’autorisations entrent, et d’empêcher toute tentative de contrebande d’armes ou d’équipements non autorisés. »
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Comité de gestion de Gaza
De leur côté, des sources palestiniennes ont indiqué que le Comité national de gestion de Gaza, présidé par Ali Shaath, devrait entrer dans la bande de Gaza dans les prochains jours.
Ce comité, annoncé le mois dernier depuis l’Égypte, se prépare actuellement à entrer dans la bande de Gaza afin d’assumer ses missions.
Ces derniers jours, des responsables du Hamas ont déclaré se préparer à remettre la gestion de Gaza au Comité national de gestion de Gaza, qui bénéficie d’un soutien arabe et international.
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Il s’agira de la première fois que le Hamas cède l’administration de Gaza à un comité indépendant depuis sa prise de contrôle du territoire par la force à la mi-2007.
Ce sera également la première fois depuis la signature des accords d’Oslo en 1993 que ni le Hamas ni l’Autorité palestinienne n’exerceront le pouvoir sur la bande de Gaza.
Le plan de l’ancien président américain Donald Trump prévoyait que le comité assure la gestion transitoire des affaires de Gaza jusqu’à l’achèvement des réformes requises de l’Autorité palestinienne.
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Conformément à la résolution 2803 du Conseil de sécurité, « Gaza sera administrée durant la période transitoire par un comité palestinien technocratique non politique, chargé de la gestion des services publics et municipaux pour les habitants de Gaza. Il comprendra des spécialistes palestiniens et des experts internationaux, sous la supervision d’une nouvelle autorité de transition internationale appelée le “Conseil de la paix”, présidé par le président Donald Trump. »
La résolution stipule également que « le Hamas et les autres factions s’engagent à ne participer à aucune forme de gouvernance à Gaza, ni directement ni indirectement. Toutes les infrastructures militaires, offensives et terroristes, y compris les tunnels et les installations de production d’armes, seront détruites et ne seront pas reconstruites ».
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Elle ajoute que « le désarmement de Gaza sera mené sous la supervision d’observateurs indépendants, incluant la mise hors service définitive des armes selon un mécanisme de désarmement convenu, soutenu par un programme international de rachat et de réintégration financé à l’échelle internationale, avec vérification par des observateurs indépendants. La “nouvelle Gaza” s’engagera pleinement à bâtir une économie prospère et à coexister pacifiquement avec ses voisins. »
Le mécanisme de désarmement de la bande de Gaza demeure toutefois en cours de discussion entre le Hamas et les pays garants de l’accord, y compris les États-Unis.
