Évacuation de personnel… la montée de la menace de l’État islamique redessine la présence américaine au Niger
Au lendemain de la revendication par l’organisation État islamique d’une attaque contre l’aéroport de Niamey, Washington a ordonné l’évacuation du Niger des employés non essentiels en situation d’urgence.
Dans un communiqué publié samedi, le département d’État américain a annoncé avoir demandé aux employés gouvernementaux non essentiels en cas d’urgence, ainsi qu’aux membres de leurs familles, de quitter le Niger en raison des risques sécuritaires.
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Dans un avis aux voyageurs, le département a précisé : « Le gouvernement américain n’est pas en mesure de fournir des services consulaires réguliers ou d’urgence aux citoyens américains en dehors de Niamey en raison des risques pour la sécurité. »
Vendredi, l’organisation État islamique a revendiqué une attaque contre l’aéroport de Niamey, après que le Conseil militaire au pouvoir au Niger a accusé la France, le Bénin et la Côte d’Ivoire d’avoir parrainé les auteurs de l’attaque, tout en remerciant la Russie pour son aide dans la riposte.
Jeudi, le Conseil militaire nigérien a annoncé que des hommes armés avaient attaqué l’aéroport de Niamey, blessant quatre militaires, et que les forces de sécurité avaient tué vingt assaillants, parmi lesquels un Français, tout en arrêtant d’autres suspects.
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L’État islamique frappe la capitale
Le site Site Intelligence Group, spécialisé dans le suivi des organisations terroristes, a relayé un communiqué dans lequel l’État islamique revendique l’opération. Depuis près de dix ans, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à Al-Qaïda, ainsi que l’État islamique, mènent des violences dans la région du Sahel, notamment dans l’ouest et le sud-ouest du Niger. Toutefois, leurs opérations atteignent rarement la capitale.
L’aéroport de Niamey se situe à moins de dix kilomètres du palais présidentiel. Il s’agit d’un site stratégique abritant une base de l’armée de l’air, une base moderne de drones ainsi que le quartier général de la force conjointe créée par le Niger, le Burkina Faso et le Mali pour lutter contre l’État islamique, actif dans ces pays où il mène des attaques meurtrières.
L’aéroport abrite également actuellement une importante cargaison d’uranium produite au Niger, en attente d’exportation. Cette cargaison fait l’objet d’un différend entre le Niger et le géant français du nucléaire Orano, qui accuse le gouvernement nigérien de l’avoir saisie.
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Des habitants vivant à proximité de l’aéroport ont indiqué avoir entendu des tirs et des explosions dans la nuit de mercredi à jeudi, avant que le calme ne revienne environ une heure plus tard. Vendredi, le périmètre de l’aéroport était fermé et placé sous une forte présence des forces de sécurité.
Attaque terroriste
Le président du Conseil militaire, le général Abdourahamane Tiani, a déclaré dans une allocution diffusée par la radio publique La Voix du Sahel : « Nous félicitons les forces de défense et de sécurité, ainsi que nos partenaires russes, qui ont défendu leur périmètre de sécurité avec professionnalisme. »
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Les relations sont extrêmement tendues entre la France et le Conseil militaire, arrivé au pouvoir à la suite du coup d’État du 26 juillet 2023. Le Conseil accuse régulièrement la France et le Bénin de chercher à déstabiliser le pays, ce que ces deux États démentent. Le Niger s’est, depuis, rapproché de nouveaux partenaires, dont la Russie.
Dans un communiqué, le ministre nigérien de la Défense, le général Salifou Mody, a indiqué qu’« un groupe de mercenaires » avait attaqué la base 101 de Niamey pendant trente minutes, avant d’être repoussé par des interventions terrestres et aériennes.
Il a précisé que quatre militaires avaient été blessés et que des dégâts matériels avaient été enregistrés, notamment l’incendie d’un dépôt de munitions. Il a ajouté que les assaillants avaient tiré, lors de leur fuite, sur trois avions civils.
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Selon le ministre, la riposte a conduit à la mort de vingt mercenaires et à l’arrestation de onze autres, dont la plupart souffrent de blessures graves.
La télévision nationale a diffusé des images de l’aéroport visité par le chef du Conseil militaire. On y aperçoit des corps au sol, présentés comme ceux des assaillants, « parmi lesquels figure un Français ».
Le groupe journalistique ouest-africain Wamaps a indiqué que près de 300 soldats italiens sont stationnés sur la base militaire de l’aéroport dans le cadre de la mission MISIN, la mission italienne de soutien au Niger.
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