Une délégation iranienne arrive secrètement à Port-Soudan et rencontre al-Burhan ainsi que des dirigeants islamistes
Une visite iranienne secrète à Port-Soudan met en lumière une alliance dissimulée entre les deux parties et coïncide avec un discours de soutien à Téhéran et d’incitation contre les pays du Golfe, prononcé par des officiers de l’armée soudanaise et des dirigeants islamistes.
Une délégation diplomatique iranienne est arrivée dimanche dernier à Port-Soudan, dans l’est du Soudan, dans le cadre d’une visite non annoncée.
Selon ces sources, qui ont requis l’anonymat, la visite a inclus des rencontres avec le commandant de l’armée, le général Abdel Fattah al-Burhan, ainsi qu’avec plusieurs responsables liés au mouvement islamiste récemment classé comme « organisation terroriste » par les États-Unis.
La délégation est arrivée en deux groupes via deux pays asiatiques, et une réunion à huis clos s’est tenue dimanche soir dans la résidence de l’un des dirigeants du mouvement islamiste, sous de strictes mesures de sécurité.
La réunion s’est tenue en présence du chargé d’affaires de l’ambassade d’Iran au Soudan, Mohammad Hassan Khairy, ainsi que de personnalités politiques de premier plan, dont Ahmed Haroun, selon les mêmes sources.
Toujours selon ces sources, la délégation a transmis un message de la direction iranienne comprenant des éloges à l’égard de la position de l’autorité de Port-Soudan face aux frappes américano-israéliennes contre l’Iran, lancées depuis le 28 février dernier.
Le message incluait également la confirmation de la volonté de Téhéran d’élargir un partenariat stratégique avec l’autorité de Port-Soudan, notamment par la réactivation des accords de coopération militaire précédemment signés.
Il comprenait en outre l’accélération des démarches visant à établir une base navale iranienne sur la côte de la mer Rouge, sur la base d’accords antérieurs, en soulignant l’importance de ce projet dans le contexte de l’escalade des tensions, avec une orientation commune vers l’élargissement de la coopération militaire et la signature de nouveaux accords dans la période à venir.
Aucune confirmation ni démenti officiel n’a été émis par le gouvernement de Port-Soudan ou par l’Iran concernant cette visite.
Contexte et implications
Cette visite coïncide avec des discours incitatifs tenus par des officiers de l’armée soudanaise et des dirigeants islamistes, visant la sécurité et la stabilité des pays du Golfe, et reflétant un soutien continu de Téhéran à ses actions régionales.
Récemment, l’officier soudanais Tarek Kajab a suscité une vive controverse en prononçant un discours incitatif direct contre les pays du Golfe, appelant à cibler les infrastructures vitales, dans une prise de position reflétant un alignement clair sur l’agenda régional de l’Iran.
En février de l’année dernière, l’agence « Bloomberg » a rapporté, citant des responsables occidentaux, que l’Iran avait fourni à l’armée soudanaise des drones de type « Mohajer-6 », capables de mener des missions de surveillance et de transport d’explosifs.
Des rapports de presse avaient alors indiqué que « le Soudan avait effectivement reçu des cargaisons de drones Mohajer-6, fabriqués en Iran par la société Qods Aviation Industries et équipés de munitions guidées ».
Depuis le lancement des opérations militaires américano-israéliennes contre l’Iran le 28 février dernier, Téhéran a intensifié ses attaques en lançant des missiles balistiques et des drones en direction d’Israël et de plusieurs pays de la région.
Ces attaques se sont étendues aux pays du Conseil de coopération du Golfe, ainsi qu’à la Jordanie et à l’Irak, où Téhéran a affirmé viser des sites liés aux intérêts américains. Toutefois, ces frappes ont causé des morts et des blessés et ont endommagé des biens civils, suscitant une vague de condamnations arabes et internationales.
En revanche, les systèmes de défense aérienne des pays du Golfe continuent de repousser avec succès des vagues successives d’attaques menées par l’Iran à l’aide de missiles balistiques et de drones.
