Politique

Téhéran rejette les pressions américaines et brandit la menace d’une escalade


Abbas Araghchi affirme que son pays est prêt à apporter une riposte plus dévastatrice à toute attaque militaire, tandis que Mohammad Bagher Ghalibaf assure que le détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les sept conditions de l’Iran n’auront pas été satisfaites.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré dimanche que « la guerre et les sanctions ne serviront à rien », tout en mettant les États-Unis en garde contre une attaque visant son pays. Ces propos interviennent alors que les efforts visant à parvenir à un règlement sur la guerre, le programme nucléaire et le détroit d’Ormuz restent dans l’impasse.

« Nous espérons que les États-Unis choisiront la voie de la sagesse et de la raison. S’ils optent pour une action militaire, nous sommes prêts », a-t-il déclaré dimanche, selon les médias iraniens. Il a ajouté que son pays était en mesure d’apporter une riposte plus dévastatrice à toute nouvelle attaque militaire.

« Si nous sommes attaqués, notre réponse sera plus forte que la précédente. Si la voie diplomatique est choisie, nous sommes également prêts à l’emprunter », a-t-il poursuivi, affirmant que les tentatives visant à isoler l’Iran sur la scène internationale avaient échoué.

Araghchi a également réaffirmé le soutien de Téhéran à la paix et au recours à la diplomatie pour résoudre ses différends et les questions en suspens avec Washington.

Ses déclarations font suite aux propos du président américain Donald Trump, qui a affirmé que les opérations militaires et les sanctions avaient affaibli l’Iran et que les États-Unis ne permettraient pas à Téhéran de se doter de l’arme nucléaire.

Donald Trump avait également déclaré que la guerre pourrait prendre fin prochainement, soit par la conclusion d’un accord, soit par une intervention militaire, plaçant ainsi le dossier nucléaire au cœur de tout éventuel règlement.

De son côté, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a annoncé samedi l’arrêt complet des exportations maritimes de pétrole iranien, dans le cadre de la politique menée par Washington pour isoler économiquement l’Iran.

En réaction, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a durci le ton au sujet du détroit d’Ormuz. Il a affirmé que l’Iran ne le rouvrirait pas tant que les États-Unis n’auraient pas satisfait à sept conditions liées à l’accord provisoire conclu par les deux parties en juin.

Selon les annonces précédemment faites par Téhéran, les exigences iraniennes comprennent la levée du blocus imposé aux ports du pays, l’allègement des sanctions pétrolières, le déblocage des avoirs iraniens gelés ainsi que la fin des menaces et des opérations militaires américaines.

En septembre, Abbas Araghchi avait proposé un plan de sept jours prévoyant la réouverture du détroit et la reprise des négociations, à condition que Washington adopte les mesures réclamées par Téhéran.

Le site Nour News a rapporté dimanche des propos de Ghalibaf selon lesquels « les Américains, qui tiennent un discours différent dans les médias, ont récemment présenté des propositions par l’intermédiaire d’un médiateur. Ils doivent cependant comprendre que l’époque des manœuvres dilatoires et des exigences unilatérales est révolue ».

« La position de la République islamique d’Iran est parfaitement claire et ferme. Le détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que nos sept conditions, fondées sur le mémorandum d’entente d’Islamabad, n’auront pas été satisfaites », a-t-il ajouté.

Depuis l’effondrement du cessez-le-feu préliminaire conclu en juin entre les parties iranienne et américaine à la suite de négociations indirectes à Islamabad, chacune d’elles affirme contrôler cette voie maritime stratégique.

Les deux camps ont engagé de nouvelles négociations indirectes le mois dernier, par l’intermédiaire du Qatar, en marge des réunions de l’Assemblée générale des Nations unies. Téhéran y a présenté son plan de sept jours pour la réouverture du détroit d’Ormuz, mais Washington l’a rejeté.

En septembre, l’Iran avait transmis par l’intermédiaire de médiateurs qataris une proposition visant à rouvrir le détroit, à mettre fin aux combats et à reprendre le processus diplomatique. Donald Trump avait toutefois refusé cette initiative, tandis que les contacts indirects s’étaient poursuivis grâce aux médiations du Qatar et du Pakistan.

Ces derniers jours, Téhéran a annoncé avoir reçu une réponse officielle de Washington à sa proposition, sans en révéler le contenu.

Les positions exprimées par Araghchi et Ghalibaf mettent en évidence trois volets parallèles de la stratégie iranienne : maintenir la possibilité de négociations, utiliser le détroit d’Ormuz comme moyen de pression dans le cadre de tout accord et se préparer à une escalade militaire en cas de nouvelle attaque contre l’Iran.

Téhéran fait parallèlement face à une pression économique croissante. Le rial iranien a poursuivi sa chute pour atteindre des niveaux historiquement bas, tandis que les sanctions américaines et le blocus maritime ont lourdement pesé sur le commerce et les exportations pétrolières du pays.

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