Say’un sous le joug de la « répression des Frères musulmans » : enlèvements en série de militants du Conseil de transition
Les dirigeants et cadres du Conseil de transition du Sud ont été la cible d’une campagne de répression sans précédent menée par des forces affiliées aux Frères musulmans dans la ville de Say’un, capitale de la vallée de l’Hadramaout au Yémen.
Cette escalade a visé des responsables et des militants du mouvement de jeunesse ainsi que du Conseil de transition du Sud, en représailles à leur participation à la « Marche de la constance et de la résilience » organisée il y a deux jours et qui aurait, selon des observateurs, « semé la panique parmi les Frères musulmans à Say’un ».
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Des sources de défense des droits humains ont indiqué que plus de 24 militants avaient été arrêtés par des forces militaires affiliées aux Frères musulmans entre vendredi et dimanche soir dans la ville de Say’un.
Selon ces mêmes sources, le point culminant de cette vague de répression a été atteint dans l’après-midi du dimanche 8 février, lorsque des forces militaires affiliées aux Frères musulmans ont encerclé le domicile du jeune dirigeant Bassem Jamaan Duwail, dans le quartier d’Al-Suhayl, avant de l’arrêter à l’issue d’affrontements avec des habitants du quartier.
Les Frères musulmans ont également perquisitionné le domicile du chef du centre de Say’un, le dirigeant Nasser bin Shaaban, qui a été arrêté pour avoir lu le communiqué final de la marche populaire organisée vendredi dernier.
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Dimanche soir, des forces armées affiliées aux Frères musulmans ont fait irruption, sous la menace des armes, au domicile du journaliste Amjad Yaslam Sabih dans la ville de Tarim. Son sort demeure à ce jour inconnu.
Sabih est directeur de l’administration des médias au sein de l’organe exécutif adjoint du Conseil de transition dans la vallée et le désert de l’Hadramaout.
La campagne de répression menée par les Frères musulmans a débuté vendredi dernier après la dispersion d’une manifestation pacifique à balles réelles. Elle s’est ensuite transformée en poursuites et enlèvements de manifestants dans les rues, en perquisitions de domiciles et en encerclement de quartiers résidentiels par des véhicules blindés, constituant une violation flagrante de toutes les normes et lois internationales.
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Une campagne barbare
Le Conseil de transition du Sud dans la vallée de l’Hadramaout a condamné cette campagne, la qualifiant de « barbare », faisant état de descentes nocturnes et d’actes d’intimidation visant des civils à Say’un.
Le communiqué a affirmé que « les actes de répression et les tentatives de briser la volonté du Sud ne détourneront pas notre peuple de sa lutte légitime », mettant en garde contre la poursuite de l’arrogance des forces militaires.
Tout en soulignant que la politique du « fer et du feu » entraînerait la vallée de l’Hadramaout vers des issues dangereuses, le communiqué a averti que « la colère populaire qui bouillonne dans les cœurs pourrait se transformer en options ouvertes que nul ne pourra contenir ».
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Il a ajouté que « la défense de soi et de la terre est un droit garanti », affirmant que les habitants de la vallée ne resteront pas les bras croisés face à la violation de la sacralité de leurs foyers. Il a tenu les forces militaires pour pleinement responsables de la sécurité des détenus et de toute goutte de sang versée à la suite de cette escalade irréfléchie.
Une guerre de répression
Dans ce contexte, le président par intérim du Conseil de transition du Sud dans le gouvernorat de l’Hadramaout, Ali Al-Jafri, a mis en garde contre les graves conséquences de la poursuite de la guerre de répression, de brutalité et d’enlèvements menée par les forces de l’oppression et du terrorisme affiliées aux Frères musulmans contre les citoyens des districts de la vallée et du désert de l’Hadramaout.
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Dans un communiqué, Al-Jafri a souligné que ces pratiques agressives poussent vers un soulèvement populaire sudiste généralisé, difficile, voire impossible à contenir si cette attitude de défi persiste.
Il a condamné les campagnes d’arrestations systématiques visant les citoyens libres du Sud dans la vallée, les qualifiant de tentatives désespérées d’intimider la population et de la détourner de son attachement à la « juste cause du peuple du Sud ». Il a affirmé que le recours à la force brute et à l’appareil militaire pour terroriser les civils ne ferait qu’engendrer une explosion populaire et susciterait de vastes mouvements et soulèvements massifs.
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Al-Jafri a enfin lancé un appel urgent à la communauté internationale et régionale, les exhortant à assumer leurs responsabilités morales et politiques face aux violations flagrantes subies par les civils, et à intervenir pour dissuader les milices affiliées aux Frères musulmans qui cherchent à faire exploser la situation et à bafouer la volonté populaire ferme.
