Santé

S’allonger ou rester assis : lequel est le plus dangereux pour votre cœur ?


Dans les sociétés modernes, une grande partie de la journée est passée dans des positions statiques, principalement assise ou allongée. Le développement du travail de bureau, de l’usage intensif des écrans et des loisirs sédentaires a profondément modifié nos comportements corporels. Cette évolution soulève aujourd’hui une question cruciale pour la santé cardiovasculaire : est-il plus nocif pour le cœur de rester longtemps assis ou de s’allonger fréquemment ?

Le cœur est un organe dynamique qui dépend étroitement de l’activité physique et du mouvement pour fonctionner de manière optimale. Lorsque le corps est en mouvement, la circulation sanguine est stimulée, la pression artérielle se régule mieux et les échanges métaboliques s’effectuent plus efficacement. À l’inverse, l’immobilité prolongée, quelle que soit la position, tend à ralentir ces mécanismes bénéfiques.

La position assise prolongée est aujourd’hui reconnue comme un facteur de risque cardiovasculaire indépendant. Rester assis pendant de longues heures, notamment sans pauses actives, favorise la stagnation du sang dans les membres inférieurs, réduit la sensibilité à l’insuline et perturbe le métabolisme des lipides. Ces phénomènes contribuent progressivement à l’apparition de l’hypertension, du diabète de type 2 et de l’athérosclérose, trois pathologies étroitement liées aux maladies cardiaques. Des études ont montré que même chez des personnes pratiquant une activité physique régulière, un temps assis excessif pouvait annuler une partie des bénéfices du sport.

La position allongée, quant à elle, est souvent associée au repos et au sommeil, deux éléments indispensables à la santé cardiovasculaire. Dormir suffisamment permet notamment de réguler la pression artérielle, de réduire l’inflammation chronique et de stabiliser le rythme cardiaque. Toutefois, s’allonger de manière excessive en dehors du sommeil, par exemple en passant de longues heures au lit ou sur un canapé sans nécessité médicale, peut également traduire une sédentarité marquée. Dans ce cas, les risques deviennent comparables à ceux de la position assise prolongée, car le corps reste inactif et les muscles, y compris ceux impliqués dans le retour veineux, sont peu sollicités.

Il est important de distinguer l’allongement bénéfique lié au sommeil réparateur de l’allongement passif lié à l’inactivité. Le premier est protecteur pour le cœur, tandis que le second, lorsqu’il remplace le mouvement et l’activité quotidienne, peut contribuer indirectement à une dégradation de la santé cardiovasculaire.

Comparer directement les deux positions n’a de sens que si l’on considère la durée et le contexte. Être assis pendant huit à dix heures par jour au travail, sans interruption, est clairement associé à un risque accru pour le cœur. Être allongé pendant la même durée en dehors du sommeil serait tout aussi problématique, car cela refléterait une absence quasi totale d’activité physique. En revanche, être allongé sept à huit heures par nuit pour dormir est non seulement normal, mais indispensable à l’équilibre cardiovasculaire.

Ainsi, le véritable danger pour le cœur ne réside pas tant dans la position elle-même que dans la sédentarité prolongée et le manque de mouvement. Le cœur est conçu pour accompagner un corps actif, alternant phases de repos et phases de mobilisation. Une journée idéale pour la santé cardiovasculaire comprendrait des périodes de travail, des moments de repos en position allongée pour dormir, mais surtout des pauses régulières pour se lever, marcher, s’étirer et activer la circulation.

En conclusion, ni la position assise ni la position allongée ne sont intrinsèquement dangereuses pour le cœur lorsqu’elles sont pratiquées dans des proportions raisonnables et adaptées à leurs fonctions naturelles. Ce qui menace réellement la santé cardiaque, c’est l’excès d’immobilité, quelle que soit la posture adoptée. Pour protéger son cœur, il est donc essentiel de réduire le temps passé immobile, de bouger régulièrement et de préserver un sommeil de qualité, véritable allié silencieux du système cardiovasculaire.

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