Politique

Saïd Jalili, le dur : favori pour succéder à Ali Larijani


Un nouveau candidat à la succession d’Ali Larijani émerge sur la scène iranienne, dans un contexte de forte attente, alors que ce poste déterminant façonne les équilibres de pouvoir et influence directement l’avenir de la politique et de la sécurité du pays.

Selon CNN, remplacer Larijani ne sera pas une tâche aisée, celui-ci étant considéré comme l’un des principaux décideurs en Iran. Conformément à la loi, il revient au président iranien Massoud Pezeshkian de nommer le nouveau conseiller à la sécurité nationale.

Des spéculations portent sur la possibilité que Saïd Jalili, figure influente du régime, accède à ce poste.

Qui est Saïd Jalili ?

Jalili est le représentant du Guide suprême au Conseil suprême de sécurité nationale depuis 2008. Il ne se limite pas à un conservateur traditionnel, mais incarne l’une des figures les plus fermes du courant radical. Il est associé à une vision plus hostile à l’Occident et moins encline à toute ouverture politique ou négociation.

Il a déjà occupé le poste de conseiller à la sécurité nationale et a été le principal négociateur sur le dossier nucléaire. Il est actuellement membre du Conseil de discernement de l’intérêt supérieur du régime.

Sa carrière diplomatique débute en 1989 au sein du ministère des Affaires étrangères, où il dirige ensuite le bureau d’inspection jusqu’en 1996. Il occupe par la suite le poste de premier adjoint chargé des affaires américaines, avant de rejoindre le bureau du Guide suprême entre 2001 et 2005.

Après l’arrivée de Mahmoud Ahmadinejad à la présidence en août 2005, Jalili est nommé vice-ministre des Affaires étrangères chargé de l’Europe et des États-Unis, fonction qu’il occupe jusqu’en octobre 2007. Parallèlement, il est également conseiller du président.

En septembre 2007, il devient secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale et chef de l’équipe de négociation nucléaire avec les pays occidentaux. Le 28 juillet 2008, le Guide suprême Ali Khamenei le désigne comme son représentant au sein de ce conseil.

À l’arrivée au pouvoir de Hassan Rohani, Jalili est démis de ses fonctions le 10 septembre 2013, et Ali Shamkhani lui succède. Après cette éviction, il est nommé en septembre 2013 membre du Conseil de discernement de l’intérêt supérieur du régime par Ali Khamenei, poste qu’il occupe toujours.

Il s’est présenté à l’élection présidentielle iranienne de 2013, où il est arrivé en troisième position. Il a également participé à l’élection de 2021, avant de se retirer en faveur d’Ebrahim Raïssi avant le scrutin.

Une ligne extrêmement dure

CNN cite l’analyste iranien, auteur et historien à l’université Yale, Arash Azizi, selon lequel « Jalili est extrêmement radical et dirige la faction la plus extrémiste et la plus hostile à l’Occident au sein du régime. Sa nomination marquerait un virage marqué vers une ligne dure, Larijani étant perçu comme plus modéré et pragmatique ».

Azizi ajoute que « son radicalisme pourrait devenir un point de faiblesse pour le régime, en limitant sa capacité à sortir de l’impasse critique actuelle », soulignant que le Corps des gardiens de la révolution islamique détient aujourd’hui l’essentiel du pouvoir réel en Iran, ce qui pourrait l’amener à privilégier une personnalité disposant d’une expérience militaire plus marquée et mieux adaptée à la conjoncture actuelle.

La personne choisie pour succéder à Larijani jouera un rôle central dans toute négociation visant à mettre fin à la guerre. Azizi précise : « Le Conseil suprême de sécurité nationale étant désormais le principal centre de pouvoir en Iran, le successeur de Larijani influencera les équilibres internes et déterminera l’attitude du régime à l’égard des États-Unis et d’Israël dans toute négociation éventuelle. »

Après la mort de Larijani, Jalili a publié un message déclarant : « Ces actions ne sauveront pas l’ennemi affaibli du bourbier dans lequel il s’est enlisé, mais accéléreront au contraire sa défaite et son humiliation », selon l’agence de presse Tasnim, proche de l’État.

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