Politique

Qui distribue les indulgences ? Les Frères musulmans du Soudan célèbrent le retour d’Ibrahim Beqal


Ahmed Othman Jibril : « Le mouvement de l’islam politique accorde des indulgences aux kizan et reproduit la corruption au Soudan. »

Le groupe agit comme si le Soudan était sa propriété privée, gérant les rouages de l’État comme une exploitation familiale, distribuant indulgences, citoyenneté et souveraineté en fonction de la seule loyauté politique.

Mubarak Ardol s’interroge sur les critères qui rendent Beqal acceptable au nom de la patrie, alors que d’autres sont accusés de trahison. Qui détient le droit de conférer les certificats de nationalité dans ce pays ?

Le dirigeant et homme politique soudanais Ahmed Othman Jibril a déclaré que l’accueil réservé récemment par le mouvement islamiste à Ibrahim Beqal, décrit comme un kizani, à son « retour au sein de la patrie », illustre de manière flagrante le dépassement des lois et l’abus de pouvoir.

Dans un article publié par le journal Al-Taghyeer, Jibril a affirmé que ce groupe agit comme si le Soudan lui appartenait, administrant ses institutions comme une ferme familiale et accordant des indulgences, la citoyenneté et la souveraineté uniquement sur la base de la loyauté politique. Il a ajouté : « Celui qui a commis des massacres puis est revenu dans les rangs a obtenu le pardon, tandis que celui qui a réclamé justice a trouvé face à lui les balles, la disparition forcée ou l’élimination. »

Il a qualifié ces pratiques de justice sélective et de marché des loyautés, soulignant que le droit de pardonner n’est ni une prérogative partisane ni une décision juridique improvisée, mais doit relever d’une justice indépendante, et non de l’autorité des organisations politiques.

Jibril a poursuivi : « Ce qui se passe aujourd’hui n’est pas une réconciliation, mais un marchandage sur les restes d’un peuple tout entier. En réalité, cet avilissement de la conscience collective, s’il se poursuit, entraînera l’accumulation d’un ressentiment populaire et l’éclatement d’une nouvelle révolution. » Il a insisté sur le fait que gouverner le Soudan de cette manière ne construit pas un État, mais administre une ferme collective sous un nouveau vernis politique.

Par ailleurs, le commandant de la brigade Al-Baraa ibn Malik, Misbah Abou Zeid Talha, a révélé une surprise concernant le sort d’Ibrahim Beqal Seraj, après sa fuite de Salha vers Nyala, puis son passage au Tchad.

Dans un message publié sur son compte, Talha a écrit : « Le professeur Beqal sera bientôt dans le giron de la patrie », suggérant la conclusion imminente de son dossier et son retour au Soudan, après son départ des Forces de soutien rapide, sa fuite et son ralliement au camp de l’armée des Frères musulmans, selon Sudan Independent.

Mubarak Ardol, dirigeant du bloc démocratique, a réagi à la publication de Talha confirmant le retour de Beqal. Il a demandé quels critères permettent à Beqal d’être accueilli au nom de la patrie, tandis que d’autres, comme Khalid Omar « Sikk », sont accusés de trahison, et que certains individus sont diabolisés. « Qui détient le droit de distribuer les certificats de nationalité dans ce pays ? » a-t-il lancé, déclenchant un vif débat parmi les militants et les acteurs politiques, selon Tag Press.

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