Moyen-Orient

Paix venue du Sud.. des messages de souveraineté pour parachever le déploiement de l’autorité de l’État libanais


Lors d’une vaste tournée dans le sud du Liban, le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a souligné que l’affirmation de l’autorité de l’État ne se limite pas au déploiement militaire ou au contrôle territorial, mais requiert une présence effective de l’État dans la vie quotidienne des citoyens, à travers les services essentiels, la reconstruction et la création des conditions nécessaires au retour des habitants.

Dans des déclarations depuis la ville de Tyr, relayées par l’Agence nationale d’information, Salam a affirmé que le Sud ne constitue pas un dossier conjoncturel, mais une « préoccupation nationale partagée », précisant que le droit de ses habitants à la sécurité, au logement, au travail et à une vie digne est un droit « indivisible ».

Il a estimé que les agressions israéliennes continues représentent une violation directe de la souveraineté libanaise et de la vie des civils, soulignant toutefois que la présence de l’État sur le terrain aujourd’hui envoie un message clair quant à la détermination du gouvernement à consolider son rôle et à ne pas laisser la région otage des attaques ou de la négligence.

Le Premier ministre a expliqué que, malgré des ressources limitées, l’État a entamé des mesures concrètes pour soutenir le Sud, allant jusqu’à l’adoption d’allocations financières en faveur de sa population. Il a ajouté que les attaques quotidiennes, la question des détenus et la persistance des tensions sécuritaires ne sauraient servir de prétexte pour suspendre l’action gouvernementale ou différer les engagements.

Il a précisé que l’État n’attendra pas la fin des agressions pour entamer le traitement des dossiers, mais avancera en parallèle sur les volets sécuritaire et développemental.

Rôle central de l’armée

Salam a également indiqué que l’armée libanaise joue un rôle central dans l’instauration de la stabilité, affirmant que l’affirmation de l’autorité de l’État ne peut être complète sans la réouverture des écoles, la remise en service des centres de santé, l’approvisionnement en eau, en électricité et en télécommunications, ainsi que la réhabilitation des routes, ces éléments constituant le socle du retour des habitants et de la prévention du dépeuplement des villages frontaliers.

Concernant le dossier des déplacés, il a insisté sur le fait que la « dignité » constitue le premier principe de l’action gouvernementale, expliquant que les efforts se concentrent sur le soutien aux personnes de retour, la poursuite de l’aide humanitaire, l’accès gratuit aux soins de santé et la continuité de l’éducation, en plus de l’adoption d’un soutien financier direct en remplacement des loyers, afin d’alléger les charges et d’offrir aux familles une plus grande stabilité.

Salam a révélé l’existence d’un plan intégré pour la reconstruction des infrastructures et des biens publics, fondé sur une planification urbaine moderne visant à reconstruire les villages de manière plus durable et plus résiliente, avec une priorité accordée au secteur agricole et au soutien des moyens de subsistance locaux.

Dans ce cadre, il a annoncé la mobilisation de financements comprenant 250 millions de dollars de prêts concessionnels de la Banque mondiale, 75 millions d’euros de l’Agence française de développement, ainsi que 35 millions d’euros de subventions de l’Union européenne, de la France et du Danemark pour soutenir la reprise économique et sociale.

Le Premier ministre a conclu en affirmant que l’État « n’est pas en visite symbolique ou saisonnière », mais engagé dans une démarche durable de suivi, de reddition des comptes et de mise en œuvre. Il a annoncé son intention de revenir prochainement dans le Sud pour accompagner le lancement effectif des projets sur le terrain, réitérant l’engagement du gouvernement à faire du Sud un pilier essentiel du processus global de redressement national.

Afficher plus
Bouton retour en haut de la page