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Organisations des droits de l’homme : L’armée soudanaise impliquée dans des exécutions sommaires ayant fait des dizaines de victimes civiles


La capitale soudanaise, Khartoum, et ses environs connaissent une escalade inquiétante de la violence, alors que des organisations de défense des droits de l’homme ont documenté des exécutions sommaires ayant coûté la vie à des dizaines de civils ces derniers jours. Les rapports indiquent que ces crimes s’inscrivent dans une campagne d’intimidation visant à terroriser la population et à réduire au silence les voix dissidentes, dans le cadre du conflit sanglant opposant l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide depuis avril 2023.

Des vidéos diffusées par des plateformes de défense des droits de l’homme montrent des exécutions extrajudiciaires menées par des membres de l’armée soudanaise et des groupes qui lui sont alliés contre des prisonniers et des civils dans plusieurs quartiers de Khartoum, notamment au sud et à l’est de la ville, ainsi que dans la région de Jebel Aulia. Ces actes ont été accompagnés d’une intense propagande sur les réseaux sociaux, orchestrée par des partisans de l’armée, cherchant soit à justifier ces meurtres, soit à en nier l’existence.

Ces exactions ont été documentées dans des quartiers tels que Burri, Al-Jarif, Ouest, Al-Sahafat, Mayo, Al-Azhari et Al-Kalaklat. Elles ont été menées parallèlement à des campagnes en ligne destinées à dissimuler ces crimes et à les légitimer en accusant les victimes de collaboration avec les Forces de soutien rapide.

En plus des crimes commis sur le terrain, l’espace numérique a été le théâtre de campagnes de propagande incitant à la violence, qualifiées par des experts en droits de l’homme de « préparation psychologique à de nouvelles violations », où des discours appelant à l’élimination des personnes soupçonnées de liens avec les Forces de soutien rapide ont été largement diffusés.

Dans un communiqué, le groupe « Avocats d’urgence » a qualifié ces violations de grave atteinte aux lois nationales et internationales, soulignant que leur justification contribue à l’escalade des discours de haine et de violence, tout en favorisant l’exploitation du chaos pour régler des différends en dehors du cadre légal et judiciaire.

Le groupe a également mis en garde contre les répercussions de ces exécutions, non seulement sur la sécurité, mais aussi sur la cohésion sociale, en instaurant une culture du « droit de se faire justice soi-même ». Selon le droit international humanitaire, les exécutions extrajudiciaires sont considérées comme des crimes de guerre, en particulier lorsqu’elles ciblent des prisonniers et des civils ne représentant aucune menace immédiate. La répétition de ces crimes et l’ampleur de la violence employée pourraient également les faire relever de la catégorie des crimes contre l’humanité, conformément à l’article 7 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale.

Les rapports indiquent que la fréquence de ces crimes, notamment après la prise de contrôle par l’armée de la ville de Wad Madani, reflète une politique systématique visant à semer la terreur et à intimider la population civile. Le groupe « Avocats d’urgence » a souligné la nécessité d’une intervention internationale urgente pour freiner cette escalade, surtout en l’absence de mesures prises par les autorités locales pour y mettre fin ou sanctionner les responsables.

Dans un développement significatif, le membre de la commission des relations étrangères du Congrès américain, Gregory Meeks, a présenté un projet de loi visant à tenir pour responsables les auteurs des atrocités commises au Soudan. Le projet prévoit l’imposition de sanctions contre les responsables de génocides, crimes de guerre et violations graves des droits de l’homme, ainsi que le soutien aux efforts internationaux pour protéger les civils. Selon cette proposition, les États-Unis fourniront un soutien direct à une force multinationale, qu’elle soit affiliée aux Nations Unies ou à l’Union africaine, afin de limiter ces crimes et garantir la protection des populations civiles.

Des organisations des droits de l’homme ont également documenté des exécutions sommaires perpétrées par des membres de l’armée soudanaise et leurs alliés contre des prisonniers et des civils dans plusieurs quartiers de Khartoum et à Jebel Aulia, en violation flagrante des lois nationales et internationales.

Ces crimes ont été accompagnés d’intenses campagnes médiatiques visant à justifier les meurtres extrajudiciaires sous prétexte de collaboration avec les Forces de soutien rapide. Une telle approche constitue une violation grave des lois en vigueur et aggrave les conflits, mettant en péril la cohésion sociale. Les exécutions extrajudiciaires sont considérées comme des crimes de guerre en vertu des Conventions de Genève de 1949 et de leurs protocoles additionnels. Leur répétition dans le cadre d’une politique systématique pourrait également les faire qualifier de crimes contre l’humanité.

Alors que le conflit se poursuit, les statistiques indiquent que plus de 150 000 personnes ont perdu la vie depuis le début de la guerre, tandis qu’environ 15 millions d’autres ont été contraintes de fuir leurs foyers, marquant ainsi l’une des pires crises humanitaires de l’histoire moderne du Soudan.

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