Santé

L’OMS met en garde : Plus de 100 000 décès attendus en 2025 à cause du paludisme


L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé un avertissement alarmant concernant les conséquences du retrait des États-Unis du financement des programmes de lutte contre le paludisme. Selon les estimations de l’agence onusienne, cette décision pourrait entraîner la mort de 107 000 personnes à travers le monde en 2025, mettant ainsi en péril des décennies de progrès réalisés dans la lutte contre cette maladie mortelle.

Un avertissement fort de l’OMS

Cette mise en garde a été formulée par Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l’OMS, lors d’une conférence de presse qui s’est tenue à Genève le lundi 17 mars 2025. Au cours de son intervention, il a insisté sur les effets dévastateurs qu’un manque de financement pourrait avoir sur les efforts mondiaux de prévention et de traitement du paludisme.

« L’éradication du paludisme repose sur des programmes de prévention continus, un accès aux traitements et une surveillance accrue dans les zones à risque », a-t-il déclaré. « Une interruption brutale du financement mettrait en péril des millions de vies et provoquerait une flambée des cas, en particulier dans les régions où l’accès aux soins est limité. »

Les États-Unis, un acteur clé dans la lutte contre le paludisme

Durant les vingt dernières années, les États-Unis ont été le plus grand donateur bilatéral en matière de lutte contre le paludisme, jouant ainsi un rôle déterminant dans le financement des campagnes de prévention, de distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticide et d’accès aux traitements antipaludiques.

Grâce à ces efforts, 2,2 milliards de cas d’infection ont pu être évités, et 12,7 millions de vies ont été sauvées à travers le monde. Cependant, avec la fin du soutien financier américain, la situation risque de s’aggraver considérablement.

Selon les estimations de l’OMS, le retrait du financement pourrait entraîner 15 millions de nouvelles infections dès cette année, faisant grimper le nombre de décès à 107 000, un retour en arrière préoccupant après les avancées significatives enregistrées au cours des quinze dernières années.

L’Afrique, la région la plus touchée

Malgré les efforts internationaux déployés pour réduire la transmission du paludisme, l’Afrique reste la région la plus durement frappée par cette maladie. Chaque année, le continent enregistre la majorité des cas et des décès, en raison de la prévalence du parasite et de la présence de conditions climatiques favorisant la prolifération des moustiques vecteurs.

Dans ce contexte, Ghebreyesus a exhorté les États-Unis à reconsidérer leur décision et à maintenir leur engagement financier jusqu’à ce que des solutions de financement alternatives puissent être trouvées. Il a souligné qu’un arrêt soudain du financement mettrait en péril les campagnes de prévention et compromettrait la fourniture de médicaments essentiels à des millions de personnes.

Les répercussions du retrait des États-Unis de l’OMS

Le directeur général de l’OMS a également évoqué les conséquences plus larges du retrait des États-Unis de l’OMS, un processus amorcé sous la présidence de Donald Trump et poursuivi par la nouvelle administration. Cette décision a suscité de vives préoccupations au sein de l’organisation, Washington ayant historiquement été le plus grand contributeur financier, avec 18 % du budget total de l’OMS en 2024.

Après le retrait américain, c’est l’Allemagne qui a pris le relais en devenant le principal bailleur de fonds de l’OMS pour la période 2020-2021.

De son côté, la Chine a réaffirmé son engagement à soutenir l’OMS. Par la voix de son ministère des Affaires étrangères, Pékin a déclaré que « la coopération avec l’OMS est essentielle pour préserver la santé de toute l’humanité ».

Pendant ce temps, la nouvelle administration américaine a ordonné l’arrêt immédiat de toute collaboration avec l’OMS, une mesure qui risque d’avoir un impact négatif sur de nombreuses initiatives sanitaires mondiales, dont la lutte contre le paludisme.

Le paludisme : une menace persistante pour la santé mondiale

Le paludisme est une maladie parasitaire grave, causée par une infection du parasite Plasmodium, transmise à l’homme par la piqûre d’un moustique Anophèle infecté. Une fois dans l’organisme, le parasite circule dans le sang, puis se développe dans le foie avant de réinfecter le système sanguin, déclenchant divers symptômes.

Parmi les signes les plus courants figurent :

  • Fièvre élevée
  • Frissons et sueurs nocturnes
  • Maux de tête et douleurs musculaires
  • Fatigue intense et faiblesse généralisée
  • Troubles digestifs, nausées et vomissements

Dans les cas graves, le paludisme peut provoquer des complications sévères, telles que une jaunisse, des convulsions, un coma ou même la mort, si le patient n’est pas pris en charge à temps.

Un appel urgent à la mobilisation internationale

Face à cette situation critique, l’OMS appelle à une mobilisation urgente de la communauté internationale pour compenser le retrait des États-Unis et éviter une crise sanitaire de grande ampleur.

« Nous ne pouvons pas permettre que le paludisme regagne du terrain après tant d’années de progrès », a insisté Ghebreyesus. « Il est de notre responsabilité collective d’assurer la continuité des programmes de lutte et de sauver des vies. »

L’avenir des campagnes antipaludiques repose désormais sur la capacité des autres nations et des organisations internationales à combler le déficit de financement, garantissant ainsi la poursuite des efforts pour éradiquer cette maladie qui continue de menacer des millions de personnes chaque année.

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