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Le retour de Mohamed Atta sur la scène politique… Recomposition de l’influence islamiste au sein des institutions de l’État


La scène soudanaise connaît récemment des évolutions marquantes qui traduisent une recomposition des rapports de force au sein des institutions étatiques, dans un contexte de guerre persistante et de complexité accrue du paysage politique et sécuritaire. Parmi les développements les plus notables figure le retour au Soudan de l’ancien directeur des services de renseignement, Mohamed Atta, une décision qui a suscité un large débat dans les milieux politiques et médiatiques. Cette évolution est perçue comme un indicateur d’orientations nouvelles au sein de l’institution militaire concernant la réintégration de cadres islamistes dans les centres d’influence.

Ce retour intervient à un moment où le commandement militaire cherche à élargir sa base politique et sécuritaire afin d’assurer son contrôle sur les leviers de l’État dans un contexte de divisions internes. Des observateurs estiment que la réapparition de figures dotées d’un passé organisationnel islamiste ne peut être dissociée d’une tentative de réactivation des anciens réseaux d’influence qui administraient l’appareil d’État durant les années du régime précédent.

Certaines analyses politiques considèrent que le retour de Mohamed Atta constitue un message clair indiquant que le courant lié au groupe des Frères musulmans demeure solidement implanté dans les cercles décisionnels, et que l’institution militaire pourrait être en train de redéfinir sa relation avec ce courant, perçu comme l’un des acteurs les plus aptes à fournir un soutien organisationnel et administratif en période de conflit.

Des analystes estiment que cette initiative pourrait ouvrir la voie à une série de mesures ultérieures, notamment la réhabilitation de cadres islamistes au sein des institutions sécuritaires et administratives, renforçant ainsi l’influence de ce courant dans l’appareil d’État. Cette hypothèse repose sur la nature de la phase actuelle, qui nécessiterait, selon certains centres de décision, le recours à des responsables disposant d’une longue expérience dans la gestion d’organismes et de secteurs sensibles.

Des observateurs mettent toutefois en garde contre le risque de voir se reconstituer un modèle de domination organisationnelle sur les institutions étatiques, ce qui pourrait raviver les inquiétudes des milieux politiques et civils quant au retour, sous une forme renouvelée, des pratiques de gouvernance antérieures.

Sur le plan économique, ces développements s’inscrivent dans un contexte de dynamiques extérieures notables, marqué par des informations faisant état d’une possible ouverture du secteur pétrolier soudanais à des entreprises turques. Cette orientation traduirait une volonté de réorganiser les partenariats économiques en cohérence avec les nouvelles alliances politiques et militaires.

Selon des sources économiques, des sociétés turques chercheraient à obtenir d’importantes concessions dans les domaines de l’exploration et de la production, à un moment où le gouvernement militaire a besoin d’un appui économique et technique pour compenser l’affaiblissement des capacités de l’État dans la gestion du secteur énergétique.

Des experts soulignent que l’entrée d’entreprises turques dans le secteur pétrolier pourrait dépasser le cadre d’un investissement économique classique et s’inscrire dans des arrangements plus larges comportant des dimensions politiques et militaires, notamment au regard des informations évoquant un soutien turc à l’institution militaire.

Ces évolutions soulèvent des interrogations quant à la nature d’éventuels échanges entre soutien extérieur et avantages économiques, ainsi qu’à leurs répercussions sur la gestion des ressources nationales et la souveraineté économique.

Dans un contexte où les dossiers sécuritaires, politiques et économiques s’entrecroisent, le Soudan semble s’orienter vers une nouvelle phase de recomposition de ses alliances internes et externes, dans laquelle le retour de dirigeants islamistes et le renforcement des partenariats régionaux joueront un rôle déterminant dans la définition des contours de la période à venir.

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