Grand Maghreb

La Libye se prépare aux funérailles de Saïf al-Islam Kadhafi… Dbeibah réagit


Alors que la Libye se prépare à accompagner Saïf al-Islam Kadhafi à sa dernière demeure, le gouvernement d’« unité nationale » basé à Tripoli a publié son premier commentaire officiel sur l’assassinat du fils de l’ancien dirigeant.

Plus tôt, deux des fils de l’ancien chef libyen Mouammar Kadhafi avaient annoncé que leur frère Saïf al-Islam, tué mardi par des individus inconnus, serait enterré vendredi à Bani Walid, fief d’une tribu restée fidèle au colonel qui a gouverné le pays pendant plus de quarante ans.

Dans sa première réaction officielle, le chef du gouvernement d’unité nationale, Abdelhamid Dbeibah, a déclaré que « la Libye traverse une phase délicate qui exige de faire prévaloir la raison », mettant en garde contre « le coût exorbitant que les Libyens paient chaque fois que la violence est relancée ». Il a souligné que « le sang libyen, quelle qu’en soit l’origine, demeure une ligne rouge qu’il est interdit de banaliser ».

Hors de la logique de l’État

Dans un communiqué, Dbeibah a affirmé que « les voies de l’assassinat et de l’exclusion n’ont jamais produit ni État ni stabilité, mais ont au contraire approfondi les divisions et alourdi la mémoire nationale de blessures accumulées ». Il a rappelé que la Libye avait déjà connu cette approche par le passé, avec pour conséquence l’allongement du conflit et l’éloignement des Libyens du projet d’un État fédérateur.

Il a estimé que la seule manière de traiter ce type de crimes consiste à s’en remettre aux institutions de l’État et au cours de la justice, afin d’établir toute la vérité et d’ancrer le principe de responsabilité, loin de toute logique de vengeance ou de justification.

Dbeibah a insisté sur le fait que « l’État auquel aspirent les Libyens est un État de droit et d’institutions, où les différends sont gérés par le dialogue et le recours à la volonté populaire, et non par les armes ou la reproduction des tragédies du passé ». Il a ajouté que « la patrie est suffisamment large pour accueillir tous ceux qui choisissent de s’inscrire dans le projet d’un État unifié, dans le respect de ses règles et de ses institutions ».

Il a également affirmé que le recours à la justice constitue la véritable garantie de la préservation des droits et de la dignité, soulignant que la justice libyenne, malgré les défis auxquels elle fait face, demeure une institution nationale indépendante et un refuge pour l’établissement de l’équité.

Considérations et dispositions

Dans le même contexte, Dbeibah a condamné toute tentative de porter atteinte au droit de la famille du défunt ou de la tribu des Kadhadfa à organiser les cérémonies de deuil, ou de restreindre le devoir de solidarité humaine entre Libyens, estimant que de telles pratiques sont contraires aux valeurs sociales libyennes authentiques.

La dépouille de Saïf al-Islam Kadhafi est arrivée à l’hôpital général de Bani Walid, en vue de son inhumation dans la ville conformément à sa volonté, dans le cadre de dispositions organisationnelles et sécuritaires supervisées par les autorités officielles en coordination avec la famille du défunt.

Dans ce cadre, le ministre de l’Intérieur du gouvernement d’unité nationale, Imad Trabelsi, a donné instruction aux directeurs de la sécurité de Bani Walid, Al-Merqeb, Al-Jafara, Tarhouna et Al-Nawahi Al-Arbaa de mettre en place un plan de sécurité intégré afin d’assurer le bon déroulement des funérailles, la sécurité des participants et le maintien de l’ordre public.

Les dispositions incluent également l’approvisionnement suffisant en carburant dans les villes situées le long de l’itinéraire du cortège funèbre, dans le cadre des préparatifs logistiques accompagnant la cérémonie.

Enquêtes et interrogations

Sur le plan judiciaire, le parquet libyen poursuit ses investigations sur l’assassinat de Saïf al-Islam Kadhafi, confirmant que la mort est due à une blessure par balle, tandis que les circonstances du crime et les modalités de son exécution demeurent sous examen officiel.

Saïf al-Islam a été tué mardi dans la ville de Zintan, à l’ouest de la Libye, dans un incident qui a suscité de nombreuses interrogations quant à l’identité des auteurs et à leurs motivations, d’autant plus que des informations font état de la désactivation de caméras de surveillance peu avant l’assassinat, ajoutant une dimension supplémentaire à un dossier sécuritaire et politique d’une extrême sensibilité.

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