Iran

La guerre contre l’Iran : quatre scénarios possibles pour la fin du conflit


Alors que les États-Unis et Israël affirment avoir neutralisé une grande partie des capacités balistiques et navales de l’Iran, l’ampleur des combats continue de s’étendre. Téhéran multiplie les attaques contre plusieurs pays de la région, tandis que des combattants du Hezbollah affrontent les forces israéliennes au Liban. Parallèlement, le trafic maritime commercial à travers le détroit d’Ormuz a considérablement ralenti.

Dans le même temps, l’incertitude s’intensifie en raison des messages contradictoires du président américain Donald Trump concernant le calendrier et les objectifs de la guerre. Il a laissé entendre que le conflit pourrait prendre fin prochainement, sans toutefois fournir de détails sur la prochaine étape, déclarant simplement : « J’ai un plan pour tout ».

Quelques heures plus tard, Trump a adopté un ton plus ferme, affirmant que les États-Unis pouvaient déjà qualifier l’opération de « succès éclatant », tout en laissant entendre qu’elle pourrait également être intensifiée.

Les objectifs officiellement annoncés de la guerre sont vastes. Donald Trump a déclaré que l’objectif principal était de garantir que l’Iran ne puisse pas développer, pour très longtemps, des armes capables de menacer les États-Unis, Israël ou les alliés de Washington.

Les États-Unis cherchent à détruire les capacités balistiques iraniennes, à affaiblir ses forces navales, à empêcher le développement d’armes nucléaires et à réduire l’influence du réseau de groupes armés soutenus par Téhéran à travers le Moyen-Orient.

À la lumière de ces objectifs, plusieurs scénarios sont envisagés quant à l’issue possible de la guerre, selon ce qu’a rapporté le magazine américain Newsweek.

  1. Une victoire totale : un changement de régime

Le scénario le plus radical serait l’effondrement ou le remplacement du régime au pouvoir en Iran. Certains décideurs à Washington et en Israël estiment que le changement de la direction iranienne constitue le seul moyen d’éliminer définitivement les ambitions nucléaires du pays et de démanteler le réseau de groupes armés régionaux soutenus par Téhéran, notamment le Hezbollah.

Un nouveau gouvernement à Téhéran, surtout s’il est davantage aligné sur l’Occident, pourrait profondément transformer l’équilibre géopolitique au Moyen-Orient.

Cependant, le changement de régime représente également l’option la plus incertaine. Même des frappes militaires intensives pourraient affaiblir le régime sans nécessairement provoquer sa chute, ce qui augmenterait le risque d’une transition politique longue et instable plutôt que d’une victoire stratégique claire.

  1. Déclaration de victoire : destruction des capacités nucléaires et militaires

Une définition plus restreinte de la victoire consisterait à affaiblir l’Iran sans renverser son système politique. Dans ce scénario, l’objectif principal serait de détruire l’infrastructure nucléaire iranienne, de neutraliser son arsenal de missiles et ses forces navales, et de rompre les liens militaires entre Téhéran et son réseau de groupes alliés dans la région.

Les frappes américaines et israéliennes ont déjà ciblé des sites de lancement de missiles, des bases militaires et des installations soupçonnées de soutenir le programme nucléaire iranien.

L’objectif serait de réduire la capacité de l’Iran à menacer les alliés des États-Unis, à attaquer les navires dans le golfe Persique ou à soutenir des groupes armés dans la région.

Si les capacités militaires iraniennes et les réseaux de ses alliés sont considérablement affaiblis, Washington pourrait déclarer la victoire tout en laissant le leadership politique du pays en place, au moins à court terme.

  1. Contraindre une « Iran affaiblie » à négocier 

Dans ce scénario, la guerre pousserait finalement l’Iran à la table des négociations. Au lieu de chercher à renverser le régime ou à obtenir une défaite militaire totale, Washington pourrait utiliser la pression résultant des frappes aériennes et des perturbations économiques pour forcer Téhéran à accepter un nouvel accord diplomatique.

Donald Trump a toujours estimé qu’une pression maximale, qu’elle soit militaire, économique ou les deux, pouvait contraindre l’Iran à accepter des restrictions plus strictes concernant son programme nucléaire, le développement de missiles et ses activités régionales.

Dans ce cas, la victoire ne serait pas obtenue sur le champ de bataille, mais par la voie diplomatique. Si l’Iran accepte des limitations nucléaires plus strictes, réduit son soutien aux groupes armés régionaux ou accepte de nouveaux arrangements sécuritaires dans le Golfe, la Maison-Blanche pourrait présenter cela comme une victoire stratégique obtenue par la guerre.

  1. Absence de victoire claire

La possibilité que la guerre ne produise aucun vainqueur net reste également envisageable. Au lieu d’affaiblir la direction iranienne, le conflit pourrait au contraire la renforcer.

Les dirigeants iraniens pourraient exploiter la guerre pour mobiliser le soutien intérieur, en présentant les États-Unis et Israël comme des agresseurs étrangers.

La nomination du nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, successeur de son père, a renforcé cette dynamique. Mojtaba est considéré comme plus radical que Ali Khamenei, tué lors du premier jour de la guerre, ce qui pourrait rendre le régime encore plus confrontational à l’égard de l’Occident.

Plutôt que de provoquer des troubles internes, les frappes militaires pourraient renforcer la cohésion autour du pouvoir, la population se ralliant à ses dirigeants.

Dans ce cas, les États-Unis pourraient se retrouver engagés dans un conflit prolongé sans résultat décisif.

Cependant, quelle que soit l’issue finale, il est probable que Donald Trump proclame la victoire.

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