La bataille du chien errant : la Grèce et la Bulgarie, protagonistes de l’une des guerres les plus étranges de l’histoire
L’histoire regorge de récits insolites et de conflits déclenchés pour des raisons surprenantes. Parmi eux figure la bataille du chien errant, qui opposa la Grèce et la Bulgarie en 1925.
Cette guerre constitua le point culminant d’une escalade des tensions entre les deux pays, dont les relations avaient été marquées par l’instabilité pendant douze années, malgré une période de rapprochement proche de l’alliance après leur indépendance vis-à-vis de l’Empire ottoman.
Le début de l’histoire
La Grèce et la Bulgarie ont toutes deux obtenu leur indépendance de l’Empire ottoman au cours du XIXe siècle. Elles se sont ensuite alliées lors de la Première guerre balkanique contre les Ottomans en 1912.
Cependant, quelques mois plus tard, les deux anciens alliés devinrent ennemis lors de la Seconde guerre balkanique, déclenchée à la fin du mois de juin 1913. Ce conflit se solda par la défaite de la Bulgarie face à une coalition des États balkaniques, comprenant notamment la Grèce et l’Empire ottoman.
Au début de la Première Guerre mondiale en 1914, la Bulgarie s’allia à l’Allemagne et à l’Empire austro-hongrois, tandis que la Grèce choisit de se ranger aux côtés de la France, du Royaume-Uni et de la Russie.
La défaite des puissances de l’Empire austro-hongrois entraîna l’imposition du traité de Neuilly en 1919 à la Bulgarie. Ce traité obligea cette dernière à verser d’importantes réparations et à céder une partie de son territoire à des pays voisins, dont la Grèce, qui obtint une large portion de la Thrace occidentale.
Au cours des années suivantes, les relations gréco-bulgares demeurèrent tendues.
L’ensemble de ces facteurs conduisit à l’explosion de 1925 : un affrontement militaire armé entre les deux pays, provoqué par l’une des causes les plus improbables qui soient.
Que s’est-il passé ?
Le 18 octobre 1925, un soldat grec poursuivit son chien, qui s’était enfui et avait traversé la frontière séparant la Grèce de la Bulgarie.
Sans le vouloir, le soldat grec franchit à son tour la frontière en suivant l’animal. Un soldat bulgare ouvrit alors le feu et tua son homologue grec.
Malgré son caractère extrêmement insolite, cet incident déclencha une vive tension entre les deux pays. La Grèce condamne la mort de l’un de ses soldats et accusa une unité bulgare d’avoir pénétré sur son territoire, selon le site Military History of the Balkans.
La Bulgarie, pour sa part, présenta ses excuses à la Grèce et proposa simultanément la création d’une commission conjointe chargée d’enquêter sur l’incident.
La Grèce rejeta toutefois cette initiative et exigea de la Bulgarie le versement d’une somme avoisinant deux millions de francs français à la famille du soldat tué.
Le 22 octobre, la Grèce envoya une force militaire envahir la région bulgare de Petrich, où l’incident s’était produit.
Des affrontements éclatèrent alors entre les deux pays et se poursuivirent pendant une semaine, faisant 121 morts du côté grec et environ 80 du côté bulgare, dont la majorité étaient des civils.
La Société des Nations, ancêtre de l’Organisation des Nations unies, intervint finalement et impose un cessez-le-feu ainsi que le retrait des forces grecques du territoire bulgare.
