Politique

Israël surveille l’Iran sur trois axes… et la crainte de l’élément de surprise


Dans les cercles de la sécurité israélienne, les plans se dessinent en coulisses, prêts à faire face à tout tournant soudain sur la scène régionale.

Après des entretiens avec le président américain Donald Trump, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a tenu une réunion restreinte et sensible avec de hauts responsables sécuritaires.

Au cours de cette réunion, Netanyahou a présenté les compréhensions conclues à Washington concernant la poursuite de la liberté d’action d’Israël sur tous les fronts : l’Iran, le Liban, Gaza, la Syrie, le Yémen et la Cisjordanie, selon ce que rapporte le journal Yediot Aharonot.

Scénarios de fronts

Le journal souligne que des préparatifs sont en cours au sein de l’establishment sécuritaire pour un scénario dans lequel l’armée israélienne pourrait être tenue d’agir sur chacun de ces fronts — certains de manière séquentielle, d’autres simultanément.

Selon l’article, les développements actuels en Iran, en particulier les manifestations, constituent « le principal facteur influençant le processus de prise de décision en Israël à ce stade ».

Cependant, les responsables israéliens demeurent prudents quant aux répercussions possibles des troubles en Iran.

Malgré l’ampleur croissante des protestations dans tout le pays, « les évaluations en Israël indiquent que la vague actuelle ne peut, à elle seule, provoquer l’effondrement du régime ».

Des responsables de haut rang estiment que la chute d’un régime dans un pays comme l’Iran nécessite la convergence de plusieurs facteurs, et que la situation n’a pas encore atteint ce point.

Néanmoins, la réalité changeante oblige Israël à rester en état d’alerte face à tout développement imprévu ou scénario d’escalade.

Aujourd’hui, le chef de l’armée iranienne, Amir Hatami, a déclaré que Téhéran considère les déclarations du président américain et de Netanyahou sur les manifestations en cours comme une « menace » et qu’elle ne tolérera pas leur poursuite sans réponse.

Trump avait récemment menacé d’intervenir militairement en Iran en cas de morts parmi les manifestants, tandis que le Premier ministre israélien exprimait son soutien aux protestataires.

Israël observe l’Iran à travers trois axes

Selon Yediot Aharonot, le renseignement militaire israélien concentre ses efforts sur l’Iran autour de trois axes principaux :

  1. Une surveillance étroite.

  2. L’élaboration d’une image de renseignement précise afin d’éviter toute surprise ou évolution dramatique, comme ce fut le cas dans le passé avec l’effondrement du régime de Bachar al-Assad en Syrie.

  3. La poursuite de la collecte d’informations sur des cibles de grande valeur, opération entamée après la fin de l’opération « L’ascension du Lion » (la guerre des 12 jours en 2025), en préparation d’une future campagne, ainsi que la fourniture d’alertes précoces sur une éventuelle salve soudaine et massive de missiles balistiques.

Les responsables israéliens affirment que, tout comme les leçons de la guerre de juin 2025 ont été tirées, « Téhéran a également compris que la première frappe peut être décisive dans l’issue de toute campagne militaire. Ainsi, Israël ne surveille pas seulement les intentions iraniennes, mais surtout ses actions ».

Et le risque de mauvaise estimation ?

Le journal indique que les craintes grandissent au sein de l’appareil sécuritaire israélien quant au danger d’une mauvaise appréciation.

Chaque camp redoute que l’autre prépare une attaque surprise, ce qui renforce le risque d’une frappe préventive basée sur des hypothèses erronées.

Ces derniers mois, Israël a adressé à l’Iran, par divers canaux, des messages affirmant ne pas avoir l’intention de lancer une attaque — y compris durant les récentes manifestations.

Cependant, les responsables iraniens affirment ne pas croire ces messages et les considèrent trompeurs.

Une double démarche

Parallèlement aux efforts de renseignement, l’armée de l’air israélienne mène un renforcement sur deux axes, consistant — selon le journal — à :

  • développer des plans offensifs contre les formations combattantes ennemies et leurs drones ;
    • renforcer le système de défense aérienne israélien à tous les niveaux.

Le journal ajoute que cette démarche s’appuie sur les leçons des confrontations précédentes et intègre de nouvelles capacités, y compris celles reposant sur des systèmes laser.

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