Politique

Divergence entre l’armée et les Gardiens de la révolution concernant la fermeture du détroit d’Hormuz


Un porte-parole de l’armée iranienne a nié la fermeture du détroit d’Hormuz à la navigation, quelques jours après l’annonce par les Gardiens de la révolution de la prise de contrôle de ce passage maritime et de l’arrêt du transit des pétroliers.

Des signes de divergences sont apparus dans le discours au sein de l’institution militaire iranienne concernant la gestion de la récente escalade militaire face aux États-Unis et à Israël, après des déclarations contradictoires sur la situation du détroit d’Hormuz, l’une des voies maritimes les plus stratégiques au monde pour le transport du pétrole. Alors qu’un porte-parole de l’armée iranienne a affirmé que le détroit restait ouvert à la navigation, les Gardiens de la révolution avaient annoncé auparavant en avoir pris le contrôle et suspendu le passage des pétroliers, dans une démarche interprétée comme une tentative de pression sur le commerce maritime mondial.

Le porte-parole de l’armée iranienne a déclaré vendredi que le détroit restait ouvert aux navires, soulignant que Téhéran ne cherchait pas à élargir le champ de la guerre avec les États-Unis et Israël. Il a expliqué que son pays n’avait pas souhaité s’engager dans ce conflit, mais qu’il avait été contraint de répondre à ce qu’il a qualifié d’« erreurs de calcul des adversaires », avertissant que toute nouvelle escalade pourrait entraîner de lourdes pertes pour l’autre camp.

Il a également insisté sur le fait que le ciblage des bases américaines dans la région s’inscrivait dans le cadre d’une réponse militaire directe, mais ne relevait pas d’une politique hostile envers les pays voisins, dans une tentative manifeste de rassurer les gouvernements régionaux qui suivent avec inquiétude les répercussions de l’escalade en cours.

Ces déclarations semblent toutefois contredire la position des Gardiens de la révolution iraniens, qui avaient annoncé quelques jours plus tôt la fermeture complète du détroit d’Hormuz, dans le but, selon leurs responsables, d’utiliser cette voie maritime comme levier stratégique de pression dans le cadre de la confrontation. Des rapports maritimes avaient alors fait état d’une accumulation importante de pétroliers près des côtes iraniennes après l’annonce de la prise de contrôle du détroit.

Dans ce contexte, un porte-parole des Gardiens de la révolution a affirmé que les forces iraniennes disposent de nouveaux systèmes d’armement capables de faire face à ce qu’il a qualifié d’« agression américano-israélienne », assurant que son pays est prêt à mener une confrontation de longue durée. Il a ajouté que les adversaires devraient s’attendre à des frappes douloureuses dans les prochaines phases des opérations militaires.

Il a également annoncé que les systèmes de défense aérienne des Gardiens de la révolution avaient réussi à abattre un drone israélien qui tentait de viser des positions dans la province d’Ispahan, ce qui témoigne de la poursuite de la confrontation militaire entre les deux parties.

Parallèlement, des médias officiels iraniens ont indiqué que les frappes ayant visé la capitale Téhéran au cours des dernières heures avaient touché plusieurs sites civils, notamment un parking, des habitations, un centre médical ainsi qu’une station-service. La Société du Croissant-Rouge iranien a également annoncé que certaines de ses installations avaient été endommagées par les frappes aériennes, précisant que 14 centres médicaux et neuf installations de l’organisation avaient été affectés.

Au début du mois, Ibrahim Jabbari, conseiller du commandant des Gardiens de la révolution, avait déclaré que son pays avait décidé de fermer complètement le détroit d’Hormuz, avertissant que tout navire tentant de le traverser pourrait être pris pour cible. Il avait également affirmé que Téhéran chercherait à frapper les lignes d’exportation de pétrole appartenant à ce qu’il a qualifié d’« ennemis », ajoutant que la poursuite des exportations pétrolières depuis la région dans un contexte d’escalade militaire ne serait pas tolérée par l’Iran.

Les données des plateformes de suivi du trafic maritime indiquent par ailleurs un recul significatif de l’activité dans le détroit ces derniers jours, des dizaines de pétroliers ayant suspendu leur progression de part et d’autre de la voie maritime après l’annonce par les Gardiens de la révolution de leur contrôle du passage. La chaîne CNN a indiqué que le transit des navires était devenu extrêmement limité, seules deux tankers ayant franchi le détroit en une journée.

Ces développements interviennent après une série de frappes aériennes menées le 28 février dernier par les États-Unis et Israël contre des sites situés en Iran, notamment dans la capitale Téhéran. Les attaques ont causé d’importantes pertes humaines et matérielles, ainsi que l’assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei et de plusieurs hauts responsables des Gardiens de la révolution et de l’armée.

Téhéran a ensuite riposté par des attaques de représailles, élargissant l’impact régional de la crise, avec des répercussions directes observées dans plusieurs pays de la région, notamment l’Irak, Israël, la Jordanie, le Koweït, Bahreïn, le Qatar, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite. Des observateurs craignent que les divergences au sein des institutions militaires iraniennes concernant la gestion du conflit ne compliquent davantage l’évolution de la crise dans la période à venir.

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