Moyen-Orient

Des morts dans un bombardement visant le Hachd al-Chaabi et des attaques de drones contre Erbil


Un raid contre un quartier général du Hachd à Kirkouk constitue la troisième frappe visant des positions de la coalition qui regroupe des milices irakiennes pro-iraniennes.

Six membres du Hachd al-Chaabi ont été tués en Irak à l’aube de mardi à la suite d’un bombardement aérien visant l’un de leurs quartiers généraux dans la province de Kirkouk, au nord du pays. Cet incident s’inscrit dans une série de frappes et d’attaques simultanées observées dans plusieurs régions irakiennes, dans un contexte d’escalade des tensions régionales liées à la guerre en cours entre les États-Unis et Israël d’une part et l’Iran d’autre part.

Des médias irakiens locaux, dont le site Shafaq News, ont rapporté qu’une frappe aérienne d’origine inconnue avait visé le quartier général de la brigade 40 du Hachd al-Chaabi au nord-ouest de la province de Kirkouk. Le bombardement a causé la mort d’au moins six combattants, tandis que certains rapports indiquent que plusieurs autres personnes sont toujours portées disparues sous les décombres, alors que les opérations de recherche se poursuivent sur les lieux.

Selon les mêmes sources, il s’agit de la troisième frappe visant des positions du Hachd al-Chaabi en Irak depuis l’aube de mardi, ce qui reflète une intensification notable des attaques contre ces formations armées.

Dans un contexte connexe, le site Baghdad Today a cité une source sécuritaire affirmant qu’un autre quartier général du Hachd al-Chaabi dans la ville d’Al-Qaïm, dans la province d’Al-Anbar à l’ouest de l’Irak, avait également été la cible d’un bombardement aérien plus tôt dans la journée. Le bilan humain de cette attaque reste toutefois inconnu pour l’instant.

Par ailleurs, une source sécuritaire a indiqué au site Shafaq News que le quartier général du quatrième régiment de la brigade 30 du Hachd al-Chaabi, situé dans le village de Khazna à l’est de la province de Ninive, avait lui aussi été visé par une attaque dont la nature n’a pas encore été déterminée. Les autorités de sécurité irakiennes ont ouvert une enquête afin d’établir les circonstances de l’incident et d’identifier les responsables.

La Commission du Hachd al-Chaabi, qui regroupe plusieurs milices chiites irakiennes influentes proches de l’Iran, constitue une structure officielle de sécurité et de défense en Irak. Elle a été fondée à l’été 2014 à la suite de la fatwa de « djihad défensif » émise par la plus haute autorité religieuse chiite, Ali al-Sistani, appelant les volontaires à se mobiliser contre l’organisation État islamique (Daech) après que celle-ci eut pris le contrôle de vastes zones du pays.

Parallèlement à ces développements, le Service de lutte contre le terrorisme de la région du Kurdistan irakien a annoncé que les forces de la coalition internationale avaient réussi, à l’aube de mardi, à intercepter et à abattre trois drones piégés dans le ciel de la province d’Erbil, capitale de la région.

L’institution a précisé dans un communiqué que les débris de l’un de ces drones étaient tombés près du siège du consulat des Émirats arabes unis dans la ville, sans provoquer de pertes humaines.

Le ministère des Affaires étrangères des Émirats arabes unis avait auparavant annoncé que son consulat général dans la région du Kurdistan avait été visé par une attaque de drone, causant des dégâts matériels sans faire de victimes.

Abou Dhabi a appelé les autorités irakiennes et le gouvernement de la région du Kurdistan à ouvrir une enquête approfondie sur cet incident afin d’identifier les responsables de l’attaque, de prendre les mesures nécessaires pour poursuivre les auteurs et de garantir que de tels actes ne se reproduisent pas.

Dans un incident distinct, des médias irakiens ont indiqué que l’ancien siège des Nations unies dans la province de Souleimaniyeh avait également été la cible d’une attaque de drone, sans faire de victimes.

Des données officielles indiquent que la région du Kurdistan, et en particulier la ville d’Erbil, a connu une vague récurrente d’attaques de drones et de missiles depuis le début de l’escalade régionale. Selon les autorités, environ 210 attaques de drones ont été menées contre la région durant cette période, dont 177 ont visé Erbil.

Par ailleurs, ce qui est appelé la « résistance islamique en Irak » a revendiqué l’exécution de 37 opérations militaires au cours des dernières vingt-quatre heures contre des bases américaines en Irak et dans d’autres zones de la région, en utilisant des roquettes et des drones.

Cette escalade militaire en Irak intervient alors que la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, depuis le 28 février dernier, se poursuit. Le conflit a fait des centaines de morts et de blessés en Iran, parmi lesquels plusieurs responsables sécuritaires de haut rang.

Téhéran répond à ces attaques en lançant des missiles et des drones en direction d’Israël, tout en visant ce qu’il qualifie d’« intérêts américains » dans plusieurs pays arabes, notamment en Irak, dans les États du Golfe et en Jordanie. Ces attaques ont parfois causé des victimes et des dégâts à des infrastructures civiles. Les pays arabes touchés ont condamné ces agressions et appelé à mettre fin à l’escalade afin d’éviter un élargissement du conflit dans la région.

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