Des mois de traque… ainsi les services de renseignement américains ont atteint Khamenei
Des rapports américains ont révélé que les services de renseignement avaient suivi les déplacements du Guide suprême iranien Ali Khamenei pendant plusieurs mois avant l’exécution de la frappe qui lui a coûté la vie samedi, dans un développement qui reflète un niveau sans précédent de pénétration du renseignement au sommet de la hiérarchie du pouvoir à Téhéran.
Le journal The New York Times, citant des sources bien informées, a indiqué que la Central Intelligence Agency avait surveillé avec précision les schémas de déplacement de Khamenei ainsi que ses réunions au sein de son complexe hautement sécurisé situé au centre de la capitale iranienne. Les services auraient analysé son agenda et ses itinéraires pendant des mois, avant de recevoir, à l’aube de samedi, des informations de renseignement signalant la tenue d’une réunion de haut niveau regroupant les principaux responsables du régime.
D’une opération secrète à une frappe surprise en plein jour
Selon le rapport, cette information a constitué le moment décisif ayant conduit le commandement militaire américain, en coordination avec Israël, à transformer une opération secrète de longue haleine en une attaque aérienne directe menée en plein jour.
Les sources indiquent que des avions de chasse ont décollé samedi matin et mené des frappes de précision peu avant dix heures, visant deux bâtiments situés à l’intérieur du complexe gouvernemental où se trouvaient Khamenei et plusieurs hauts responsables.
Les raids ont entraîné la mort du Guide suprême Khamenei ainsi que d’au moins quarante responsables de premier plan, dans une opération qualifiée de « surprise tactique » préparée durant plusieurs mois.
Les dirigeants de premier rang parmi les victimes
La télévision iranienne a annoncé successivement les noms des dirigeants tués aux côtés de Khamenei. Parmi les plus éminents figurent le ministre de la Défense Aziz Nasirzadeh, le chef d’état-major Abdolrahim Mousavi, Ali Shamkhani, conseiller du Guide pour les affaires de sécurité, ainsi que le général Mohammad Bagher Pakpour, commandant des commandants des Gardiens de la révolution.
Téhéran a également confirmé la mort du chef des services de renseignement et du secrétaire du Conseil de défense, ce qui signifie que la frappe a visé le cercle restreint chargé de la gestion des dossiers militaire et sécuritaire du pays.
Des observateurs estiment qu’un tel niveau de ciblage traduit une infiltration profonde des services de renseignement, qu’elle résulte de moyens technologiques avancés ou de sources humaines internes, ayant permis de déterminer avec une grande précision l’heure de la réunion et l’emplacement des participants.
Trump confirme et durcit le ton
De son côté, le président américain Donald Trump a confirmé la mort de Khamenei, le qualifiant, dans une publication sur sa plateforme de réseau social, de « l’une des personnalités les plus malveillantes de l’histoire ». Il a ajouté que l’opération « ne représente pas seulement une justice pour le peuple iranien, mais aussi pour tous les Américains et pour les victimes de Khamenei dans le monde ».
Dans des déclarations accordées au journaliste Robert Costa de CBS News, Trump a appelé les responsables restants du régime à accepter une solution diplomatique, estimant que cela « est désormais beaucoup plus facile, car ils subissent une pression intense ».
Il a également proposé ce qu’il a décrit comme une « immunité » aux membres des Gardiens de la révolution, de l’armée et des forces de sécurité souhaitant cesser les combats, tout en avertissant de graves conséquences pour ceux qui poursuivraient la résistance.
Une frappe qui redessine les équilibres de pouvoir
Cette opération est considérée comme la plus douloureuse pour le régime iranien depuis 1979, la direction suprême n’ayant jamais été directement visée à une telle échelle.
La mort de Khamenei et de ses principaux commandants soulève de profondes interrogations quant à la forme d’une éventuelle transition en Iran et à la capacité des institutions de l’État à contenir le vide du leadership.
Parallèlement, des rapports font état de rassemblements dans certaines villes iraniennes pour célébrer la nouvelle, illustrant un climat de division interne aiguë, tandis que les partisans du régime adoptent une attitude prudente dans une atmosphère mêlant choc et attente.
Alors que les répercussions des opérations militaires se poursuivent, la région semble entrer dans une nouvelle phase de redéfinition des équilibres de pouvoir. Les frappes ne se limitent plus à des infrastructures ou à des capacités militaires, mais ont atteint la tête même du régime, à l’issue de mois de surveillance minutieuse, dans une opération susceptible de tracer une trajectoire différente pour le conflit au Moyen-Orient.
