Politique

Après son implication dans la guerre contre l’Iran, des voix libanaises réclament l’interdiction du Hezbollah


Le Hezbollah est entré dans une confrontation directe avec Israël, ce qui constitue, selon plusieurs responsables libanais, une « aventure dangereuse » plaçant le Liban face au risque d’une guerre dévastatrice, après l’implication du parti dans le conflit lié à l’Iran.

Cette initiative a conduit des députés et des représentants de forces politiques à demander au gouvernement de dissoudre le Hezbollah, de le considérer comme une organisation hors la loi et d’interdire ses activités sécuritaires et militaires afin de sauver le Liban. Ils ont également appelé à démettre les ministres affiliés au parti de leurs fonctions s’ils persistent à s’en réclamer.

Lundi, l’aviation israélienne a mené de nouvelles frappes contre la banlieue sud de Beyrouth, tandis que l’armée israélienne a indiqué avoir visé un haut responsable du parti.

L’ancien président libanais Michel Sleiman a déclaré : « Nous avons franchi la ligne rouge. Ce qu’a fait le Hezbollah constitue une sortie de la volonté de l’ensemble du peuple libanais, et même des positions de ses anciens alliés. Sacrifier la vie et les moyens de subsistance des Libanais, les livrer en proie facile à Israël et les exposer à une spirale de feu et de destruction est un crime majeur contre la patrie. »

Sleiman s’est interrogé : « Qu’ont apporté ces salves de roquettes, sinon un service gratuit rendu à Israël ? » Il a demandé au Conseil des ministres d’interdire les activités sécuritaires et militaires de tous les partis, en premier lieu celles du Hezbollah, sous peine de poursuites judiciaires et d’actions sur le terrain. Il a également appelé à empêcher la présence de membres des Gardiens de la révolution au Liban et à poursuivre et expulser ceux qui s’y trouvent.

Dans le même contexte, le chef du parti des Forces libanaises, Samir Geagea, a affirmé : « Le seul moyen de sauver le Liban d’une détérioration inévitable et de tragédies majeures, notamment dans le Sud, la banlieue sud et la Békaa, est que le gouvernement libanais déclare aujourd’hui le Hezbollah organisation hors la loi, avec toutes les conséquences juridiques que cela implique. »

Il a ajouté : « La situation actuelle n’est ni surprenante ni étrange, compte tenu de la nature du Hezbollah et de son appartenance intrinsèque à la République islamique d’Iran. »

L’analyste politique libanais Tarek Abou Zeinab a souligné que la priorité devait être la dissolution du Hezbollah et sa qualification en tant que groupe armé hors la loi.

Il a affirmé que « tout mouvement qui monopolise la décision de guerre et de paix en dehors des institutions de l’État se place en confrontation avec la Constitution et la loi et constitue une menace directe pour la sécurité nationale ». Il a ajouté : « Ce qui est requis, ce n’est pas un discours émotionnel, mais l’application claire du principe de l’exclusivité des armes entre les mains de l’État, ainsi que la reddition de comptes de quiconque entraîne le Liban dans des guerres sans décision nationale. »

Abou Zeinab a expliqué qu’un État qui tolère l’existence d’armes parallèles à sa légitimité perd progressivement son autorité et se transforme en terrain ouvert aux règlements de comptes régionaux, soulignant que « la sécurité nationale ne se protège pas par des slogans, mais par le monopole de la force par l’État seul ».

Il a ajouté que l’engagement direct des milices du Hezbollah dans la confrontation avec Israël constitue une aventure dangereuse susceptible de placer le Liban face à une guerre dévastatrice qu’il ne peut supporter, et que cette décision n’a pas été prise par les institutions légitimes, mais résulte d’instructions directes de l’Iran, au mépris des intérêts des Libanais.

Il a également averti que l’escalade militaire du parti menace une économie libanaise déjà effondrée, perturbe les infrastructures et entraîne le déplacement de dizaines de milliers de personnes du Sud, de la banlieue sud et de la Békaa, faisant de ce coût non seulement un coût militaire, mais aussi social, économique et souverain.

De son côté, le président du Mouvement du Changement, l’avocat Élie Mahfoud, a estimé que l’imprudence des milices armées en dehors du cadre de l’État expose le Liban et son peuple à des risques existentiels politiques, sécuritaires et économiques, soulignant que toute initiative en dehors du cadre de la légitimité libanaise mène à la perdition.

Il a appelé à une série de mesures commençant par l’interdiction de l’organisation armée, la dissolution du parti, la prise de dispositions pour arrêter les personnes impliquées dans les tirs de roquettes contre Israël et le choix offert à ses ministres entre l’appartenance au parti ou la démission de leurs fonctions ministérielles.

Le député libanais Fadi Karam a, pour sa part, affirmé que le Hezbollah avait commis un crime contre le Liban et les Libanais, soulignant que son affiliation est doctrinale et idéologique et sans lien avec le Liban, et qu’il a exposé le pays à une situation extrêmement dangereuse en l’entraînant dans une guerre dont il ne peut assumer les conséquences.

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