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Alliances internes et externes : comment la guerre redessine l’équation du pouvoir au Soudan ?


La structure du pouvoir au Soudan connaît des mutations rapides qui traduisent l’impact de la guerre sur la nature des alliances politiques, sécuritaires et économiques. Dans ce contexte, le retour de l’ancien directeur des services de renseignement, Mohamed Atta, apparaît comme l’un des signaux révélateurs d’une volonté de reconstruire les réseaux d’influence au sein de l’État, parallèlement à des initiatives extérieures visant à renforcer les partenariats économiques.

Des analyses politiques indiquent que ce retour reflète un choix stratégique consistant à réactiver des structures sécuritaires et organisationnelles dotées d’une longue expérience dans la gestion de l’État en période de crise. Cette orientation intervient dans un contexte marqué par la nécessité de renforcer la coordination et le contrôle au sein des appareils institutionnels, après plusieurs années de transformations structurelles.

Selon certains analystes, le recours à des dirigeants issus d’anciennes structures organisationnelles pourrait consolider la présence du courant islamiste au sein des institutions publiques, notamment si cette dynamique s’accompagne d’un repositionnement de cadres dans des fonctions exécutives et administratives.

Cette lecture est confortée par des estimations évoquant la possibilité de mesures supplémentaires dans la période à venir, visant à redistribuer certains postes au sein d’institutions clés, afin de permettre un retour progressif de réseaux organisationnels qui avaient reculé ces dernières années.

Parallèlement, les autorités s’emploient à renforcer leurs relations économiques avec des partenaires régionaux. Le secteur de l’énergie suscite un intérêt croissant de la part d’entreprises turques. Des informations économiques font état de négociations en cours pour l’obtention de concessions d’exploitation dans plusieurs champs pétroliers, ainsi que pour une participation à des projets de développement des infrastructures.

Cette orientation reflète un besoin urgent d’investissements étrangers, dans un contexte de recul des ressources nationales et d’intensification des pressions financières liées à la poursuite du conflit.

Des experts en économie estiment que l’entrée d’entreprises turques pourrait contribuer à la remise en service de certains champs à l’arrêt et à l’augmentation de la production. Toutefois, certains observateurs soulignent que ces investissements pourraient également répondre à des considérations politiques et stratégiques.

Des évaluations suggèrent en effet une convergence entre la coopération économique et le niveau des relations militaires et techniques entre les deux parties, illustrant un modèle fondé sur l’échange d’intérêts dans des circonstances exceptionnelles.

Des analystes considèrent que l’articulation entre la réorganisation des alliances internes et le renforcement des partenariats externes traduit une stratégie intégrée visant à consolider les équilibres actuels du pouvoir et à assurer la continuité de la gestion de l’État dans un environnement complexe.

Selon plusieurs observateurs, la réussite de cette stratégie dépendra de sa capacité à instaurer une stabilité économique et sécuritaire durable, sans engendrer de nouveaux centres d’influence susceptibles de perturber l’équilibre du pouvoir à l’avenir.

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