Rubio accuse l’Iran de recourir à des tactiques nazies pour menacer la navigation dans le détroit d’Ormuz
Le secrétaire d’État américain souligne la difficulté de parvenir à un accord avec les dirigeants iraniens, estimant que leurs orientations politiques et religieuses compliquent les perspectives de règlement.
Les États-Unis ont accusé l’Iran de recourir à des méthodes de guerre nazies datant de la Seconde Guerre mondiale pour cibler les navires marchands dans le détroit d’Ormuz. Ces accusations interviennent alors que grandissent les inquiétudes concernant les répercussions de la confrontation entre les deux pays sur le transport maritime et l’approvisionnement énergétique mondial.
Dans un entretien accordé aux médias, le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a déclaré que Téhéran annonçait ouvertement prendre pour cible des navires marchands. Il a comparé ces opérations aux tactiques employées par les sous-marins de l’Allemagne nazie contre les bâtiments ennemis et les navires de commerce pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a appelé la communauté internationale à condamner unanimement ces pratiques, estimant qu’elles constituent une menace dépassant le cadre de la confrontation américano-iranienne.
Les préoccupations américaines ne se limitent pas à la sécurité des navires. Marco Rubio a également souligné la difficulté de parvenir à un accord avec les dirigeants iraniens, dont les orientations politiques et religieuses compliquent, selon lui, les perspectives de règlement. Ses déclarations traduisent la volonté de Washington de maintenir la pression sur Téhéran, alors que les efforts de médiation n’ont pas encore permis de consolider une entente garantissant la liberté de navigation et mettant fin à l’escalade.
Ces prises de position interviennent dans un contexte de risques croissants dans ce passage maritime stratégique, après des informations faisant état d’attaques contre des navires marchands et des navires-citernes au moyen, notamment, de drones, de mines et de projectiles. Le Corps des gardiens de la révolution islamique a annoncé que deux pétroliers avaient heurté des mines qu’il avait posées dans le détroit, leur reprochant d’avoir emprunté un itinéraire considéré par Téhéran comme non autorisé. Ces développements montrent que le différend sur les règles de passage menace désormais la sécurité des équipages et des cargaisons, ainsi que les échanges commerciaux internationaux.
L’escalade s’est également étendue aux infrastructures numériques. Un porte-parole des gardiens de la révolution a menacé de cibler les câbles sous-marins de télécommunications traversant le détroit, évoquant la présence de sept câbles majeurs dans la zone. Ces menaces ont suscité des critiques du Qatar, qui a averti que toute perturbation des communications et de la navigation porterait préjudice aux pays de la région, y compris à l’Iran, et que ses conséquences ne se limiteraient pas aux États-Unis.
De son côté, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a subordonné la réouverture complète du détroit à une entente avec Washington et au respect, par les États-Unis, de leurs engagements inscrits dans le mémorandum d’entente d’Islamabad. Il a accusé Washington d’entraver le processus diplomatique et affirmé que les restrictions à la navigation resteraient en vigueur tant que les exigences iraniennes ne seraient pas satisfaites. Il a ajouté que Téhéran et Mascate s’étaient entendus sur la définition d’itinéraires de passage pour les navires.
Téhéran a réaffirmé cette position auprès du chef de l’armée pakistanaise, Asim Munir, lors de sa visite en Iran mardi, lui indiquant qu’aucune discussion avec Washington ne serait engagée avant qu’une réponse soit apportée à ses exigences, selon Reuters. Cette position témoigne du fossé croissant entre les deux parties, malgré les efforts de médiation du Pakistan.
La crise revêt une dimension mondiale : avant la guerre, environ un cinquième de l’approvisionnement pétrolier mondial transitait par le détroit d’Ormuz. La persistance des perturbations de la navigation risque d’alourdir les coûts du transport et de l’assurance et d’accentuer la volatilité des prix de l’énergie. Un règlement politique demeure le facteur déterminant pour rétablir durablement le trafic maritime.
