Moyen-Orient

Un salaire pour nos publications : les influenceurs pro-Houthis se rebiffent contre les conditions de rémunération de la propagande


Au Yémen, plusieurs personnalités des réseaux sociaux favorables aux milices houthies dénoncent la baisse du soutien financier qui leur est accordé. Elles réclament des allocations mensuelles fixes et des avantages leur permettant de poursuivre leurs activités médiatiques.

Ces revendications ont suscité un vaste débat sur la nature des relations entre la milice et les militants qui défendent ses positions sur les plateformes numériques. Elles interviennent dans un contexte d’escalade militaire et d’intensification de l’offensive contre la ville de Taëz.

Leurs demandes ne se limitent pas à une amélioration de leur situation financière. Elles portent également sur la création d’une structure chargée d’organiser leurs activités et de défendre leurs intérêts. Elles s’accompagnent de critiques concernant les disparités de rémunération entre militants, selon leur proximité avec les chefs de la milice et leur région d’origine.

Des financements en échange de la loyauté

Selon des sources bien informées, plusieurs personnalités des réseaux sociaux ont adressé une lettre de protestation aux dirigeants houthis. Elles y dénoncent la réduction des sommes qui leur sont versées, alors que les allocations accordées à des militants ayant accompagné l’offensive contre des districts de la côte ouest et du sud du gouvernorat de Taëz ont été augmentées.

Les sources précisent que certains de ces militants ont accompagné l’avancée des forces de la milice dans leurs régions et leurs villages d’origine. Ils ont assuré les contacts avec les habitants dans le cadre d’efforts visant à normaliser la situation dans les zones prises d’assaut et à favoriser une acceptation locale du mouvement dans un environnement profondément hostile à ses orientations.

Face à ces protestations, des responsables houthis ont justifié les écarts de rémunération par l’importance du rôle joué par les militants dans les territoires où leurs forces avaient progressé, selon les mêmes sources. Ils ont invoqué les missions qui leur sont confiées sur place, ainsi que les difficultés financières du mouvement.

Les critiques se sont également intensifiées à l’égard du traitement réservé par la milice aux professionnels des médias et aux militants qui la soutiennent, notamment concernant le calcul de leur rémunération. Plusieurs d’entre eux réclament le remplacement du paiement à la publication par des allocations mensuelles régulières.

Mohammed Qaten, un militant favorable au mouvement, a demandé à l’instance médiatique houthie de Sanaa et aux responsables concernés de garantir un soutien financier stable aux personnalités des réseaux sociaux, ou de créer un bureau ou un syndicat chargé d’organiser leurs affaires et de leur apporter l’accompagnement nécessaire.

Il a également réclamé des connexions Internet gratuites fournies par l’organisme de télécommunications, invoquant les avantages dont bénéficieraient certains de ses employés.

Ces demandes rejoignent les plaintes d’autres militants, contraints de payer leur accès à Internet sur leurs propres deniers malgré leur activité constante sur les plateformes numériques. Leur rémunération reste calculée en fonction du nombre de publications, un système qu’ils assimilent à du travail payé à la journée, plutôt qu’à un soutien régulier adapté à la nature de leur activité.

Des mises en garde

De son côté, le militant houthi Hachem al-Haïfi a demandé un accès à Internet gratuit ou à tarif réduit pour les personnalités des réseaux sociaux. Il estime que fournir ces services à un nombre limité de personnes actives dans ce domaine ne représenterait pas une lourde charge financière.

Un autre militant a averti que le fait d’ignorer ces revendications pourrait affaiblir la présence médiatique du mouvement face à ses adversaires. Selon lui, une baisse de l’activité médiatique pourrait offrir une plus grande marge de manœuvre au gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale.

Sur un ton plus virulent, Hussein al-Amlahi, une personnalité des réseaux sociaux favorable aux Houthis, a qualifié le mouvement d’« autorité la plus avare » à gouverner Sanaa. Il a réclamé des moyens financiers pour les professionnels des médias, les acteurs et les militants, afin qu’ils puissent se consacrer pleinement au travail médiatique et répondre à ce qu’il décrit comme une progression des activités hostiles au mouvement.

Il a également appelé à confier la direction de l’appareil médiatique à une personne capable de le faire fonctionner, tout en lui allouant un budget suffisant pour assurer la continuité de ses activités. Cette prise de position constitue une critique de la gestion du secteur et des financements qui lui sont consacrés.

Ces revendications et critiques mettent en lumière des désaccords sur le financement et les modalités de gestion des activités médiatiques numériques au sein des milieux favorables aux Houthis. Les militants cherchent à obtenir des allocations régulières et les services nécessaires à la poursuite de leur activité sur les réseaux sociaux.

Afficher plus
Bouton retour en haut de la page