Politique

Netanyahu cherche-t-il à séduire Riyad en frappant les Houthis ?


Malgré la position constante des dirigeants saoudiens sur la normalisation et leur récent refus d’une offre israélienne de participation à la campagne militaire contre les milices pro-iraniennes, des rapports indiquent que le Premier ministre israélien envisage une nouvelle frappe contre les Houthis plutôt qu’une reprise des attaques contre l’Iran.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu étudie la possibilité de frapper de nouveau les Houthis au Yémen plutôt que de reprendre les attaques contre l’Iran. Selon une analyse publiée par Al-Monitor, cette initiative pourrait associer objectifs militaires et efforts de rapprochement avec l’Arabie saoudite avant les élections israéliennes du 27 octobre.

Dans son analyse publiée le 13 octobre, le journaliste israélien Ben Caspit estime qu’une reprise de la confrontation avec l’Iran ou les Houthis avant le scrutin ne peut être exclue. Les événements récents pourraient toutefois inciter Netanyahu à privilégier une intervention au Yémen. L’article s’appuie sur des sources sécuritaires et politiques israéliennes anonymes, sans faire état d’une décision militaire définitive.

Selon une source politique israélienne citée par le site, Netanyahu craint de perdre le pouvoir et pourrait tirer avantage d’une escalade sécuritaire replaçant la guerre au centre de la campagne, même sans report du scrutin.

L’analyse mentionne un sondage publié en septembre par l’Institut israélien d’études sur la sécurité nationale : 68 % des Israéliens s’attendaient à ce que leur pays soit contraint de reprendre la guerre contre l’Iran, contre 14 % qui ne le prévoyaient pas.

Ce scénario intervient dans un contexte d’intensification des attaques houthies contre l’Arabie saoudite.

Des médias ont rapporté en octobre des attaques contre l’aéroport international Roi-Khaled de Riyad. L’une aurait fait 13 morts et plus de 300 blessés, tandis que d’autres auraient provoqué des victimes et perturbé le trafic aérien. Les inquiétudes concernant la sécurité des infrastructures vitales et de la navigation en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandeb se sont également accrues.

L’Arabie saoudite a annoncé la reprise de ses opérations militaires contre les Houthis, qui continuent de menacer de nouvelles attaques. Cette escalade pourrait fournir à Israël une justification sécuritaire pour intervenir, mais ne prouve pas que Riyad ait demandé ou approuvé une intervention israélienne.

Pressions sécuritaires et position saoudienne inchangée

Ces événements croisent les efforts de Netanyahu pour normaliser les relations avec l’Arabie saoudite.

Al-Monitor avait rapporté en septembre que, selon des responsables politiques israéliens, Israël avait indirectement fait savoir à Riyad qu’il était disposé à fournir des renseignements et, éventuellement, à mener des consultations militaires sur la manière de faire face aux Houthis.

Selon l’article, Netanyahu espère utiliser les besoins sécuritaires saoudiens pour faire avancer la normalisation et présenter tout progrès diplomatique comme un succès politique avant les élections.

Cette démarche illustre l’écart entre la volonté israélienne de faire de la coopération sécuritaire une porte d’entrée vers la normalisation et le souci saoudien de distinguer ses besoins de défense de sa position politique envers Israël. Un intérêt commun face aux Houthis ne signifie ni des objectifs régionaux identiques ni une disposition de Riyad à accorder un avantage diplomatique en échange d’une aide militaire.

Dans un communiqué officiel du 5 février 2025, le ministère saoudien des Affaires étrangères avait affirmé que la position du royaume en faveur d’un État palestinien était « ferme, constante et inébranlable ». Riyad n’établirait pas de relations diplomatiques avec Israël sans un État palestinien indépendant ayant Jérusalem-Est pour capitale.

Le communiqué précisait que cette position ne pouvait faire l’objet de « négociations ni de surenchères », rejetant les atteintes aux droits des Palestiniens par la colonisation, l’annexion ou les déplacements forcés.

L’intensification de la confrontation régionale n’a donné lieu à aucune annonce saoudienne abandonnant cette condition. Les précédentes frappes américaines, britanniques et israéliennes n’ont pas non plus supprimé la capacité des Houthis à mener des attaques à longue portée, ce qui interroge l’efficacité d’une nouvelle opération pour instaurer une dissuasion durable.

La question centrale reste donc de savoir si une escalade contre les Houthis permettra une coopération sécuritaire limitée ou accentuera les divergences si Israël tente d’utiliser les inquiétudes saoudiennes pour faire pression sur Riyad en faveur de la normalisation, alors que le royaume maintient sa position sur la question palestinienne.

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