Politique

Unité 910 : le bras clandestin du Hezbollah chargé de recruter des étudiants étrangers en Iran


Des renseignements internationaux obtenus par Iran International révèlent les détails d’un réseau clandestin de recrutement que l’appareil chargé des opérations extérieures de la milice libanaise Hezbollah dirigerait sur le territoire iranien. Ce réseau viserait à recruter des étudiants étrangers et à les former au sabotage, aux cyberattaques et à l’espionnage, sous couvert d’institutions éducatives et religieuses officielles.

Selon les rapports, la structure connue sous le nom d’« Unité 910 » aurait commencé, il y a environ cinq ans, à prendre contact avec des étudiants étrangers de l’Université internationale Al-Mustafa, en coopération et en coordination directe avec la Force Al-Qods des Gardiens de la révolution iraniens. Elle s’appuierait sur des appartements et des locaux clandestins à Qom et à Téhéran pour assurer leur formation et leur hébergement.

Des opérations sous l’autorité de Talal Hamiyé

Selon les mêmes sources, la gestion opérationnelle du réseau serait assurée par un Indonésien nommé Mohammad Hassan, diplômé de l’Université Al-Mustafa. Il travaillerait sous la supervision de responsables de la Force Al-Qods et pour le compte de Talal Hamiyé, chef de l’Unité 910, chargée des opérations extérieures du Hezbollah. Hamiyé fait l’objet de sanctions américaines, et Washington offre une récompense pouvant atteindre sept millions de dollars pour des informations à son sujet.

Les renseignements indiquent que cette unité, fondée par Imad Moughniyeh avant sa mort en 2008, aurait connu plusieurs changements de direction impliquant notamment Mustafa Badreddine et Ahmad Vahidi, avant d’adopter sa structure actuelle, qui gère des refuges clandestins en Iran.

Des implantations à Qom et à Téhéran

Les sources ont identifié quatre locaux utilisés comme « maisons opérationnelles » pour le recrutement, la formation et la dissimulation des activités. Il s’agirait d’un appartement dans la tour Kashaneh 2, à Velayat, près des rues Hakim et Payambar-e Azam à Qom, ainsi que de trois sites à Téhéran : dans la septième rue Kish, dans le quartier de Naft ; dans la troisième rue Sarvestan Ouest, dans le secteur de Rah Ahan ; et dans les ruelles Sarv, près de la rue Alborz, dans le quartier de Pounak.

Les renseignements font également état de l’implication présumée du religieux Habib Mustafa Zeaiter dans le recrutement. Né dans le Jabal Amel, au Liban, et résidant à Qom, il possède la nationalité américaine et se rend aux États-Unis plusieurs fois par an.

Zeaiter aurait utilisé sa maîtrise de l’anglais et ses fonctions au sein d’institutions religieuses et universitaires de Qom, telles que le Centre islamique Al-Nour et l’Académie internationale Hikmah, pour approcher des étudiants étrangers et les recruter au profit du réseau.

Des cellules dormantes et des recrues indonésiennes

Le rapport identifie quatre personnes qui auraient été recrutées et formées au sein de cellules dormantes du réseau en Iran : Mohammad Zaki Fathoni, président du conseil de direction de l’organisation des Disciples des gens de la Maison du Prophète en Indonésie ; Ahmad Zilal Mukhlis, membre de l’association des anciens étudiants de l’Université Al-Mustafa ; Sayed Mohammad Mahdi Ali Al-Attas, président de l’Union des étudiants indonésiens en Iran ; et Mohammad Saleh, étudiant à l’Université Al-Mustafa et actif dans les milieux favorables aux autorités iraniennes.

Ces activités seraient menées sous l’égide de l’Université internationale Al-Mustafa, fondée par l’ancien Guide suprême Ali Khamenei et disposant d’antennes dans plus de 60 pays. L’établissement a reçu un financement public de 1 800 milliards de tomans iraniens pour l’exercice 2026.

Le département américain du Trésor a imposé des sanctions à l’université en raison de liens établis avec des activités militaires et de renseignement au profit de la Force Al-Qods.

Afficher plus
Bouton retour en haut de la page