Moyen-Orient

L’armée yéménite reprend des positions stratégiques à Taïz aux mains des Houthis


Les forces yéménites prennent le contrôle de matériel militaire et infligent de lourdes pertes humaines aux Houthis.

L’armée yéménite a annoncé dimanche soir avoir repris des positions « infiltrées par les Houthis » dans l’ouest du gouvernorat de Taïz, dans l’ouest du pays, et poursuivre l’avancée de ses forces vers de nouvelles zones du gouvernorat. Ces développements interviennent quelques jours après la prise de contrôle par le mouvement soutenu par Téhéran de Bab el-Mandeb.

Dans un communiqué, le Centre des médias des forces armées yéménites a indiqué que les forces gouvernementales « poursuivaient leur progression vers de nouvelles zones du gouvernorat, parallèlement à des frappes aériennes visant des rassemblements et des renforts des milices dans différentes parties » du gouvernorat de Taïz.

Le communiqué, citant une source militaire du front de Taïz, indique que « les forces armées ont repris des positions surplombant la région de Jurdad, dans le district d’Al-Shamayateen, et avancé en direction de la région de Ghail Bani Omar, dans le cadre d’opérations continues visant à expulser les milices houthies » du gouvernorat de Taïz.

Dans leurs précédents communiqués, les forces yéménites avaient affirmé leur intention de poursuivre leurs opérations militaires et de riposter aux attaques des Houthis par des mouvements sur différents axes et fronts, dans le but de reprendre l’initiative et d’accentuer la pression sur le mouvement dans plusieurs zones. Cet engagement intervient alors que les forces gouvernementales cherchent à élargir l’ampleur de leurs opérations terrestres et aériennes, après que les récentes avancées des Houthis, notamment leur prise de positions stratégiques sur la côte occidentale et à Bab el-Mandeb, ont une nouvelle fois modifié la dynamique du conflit et poussé les forces yéménites à intensifier leurs opérations sur plusieurs fronts.

L’importance stratégique des zones dont l’armée yéménite affirme avoir repris le contrôle aux Houthis tient notamment au fait qu’elles comprennent une chaîne montagneuse offrant à la partie qui les contrôle un avantage militaire dans les combats.

La source a ajouté que « les forces armées se sont emparées, au cours des affrontements, de matériel militaire et ont infligé de lourdes pertes humaines aux milices ».

Parallèlement à l’avancée terrestre, la source a indiqué que « l’aviation de combat a mené une série de frappes contre des positions, des rassemblements et des véhicules des milices dans différentes zones du gouvernorat de Taïz ».

Elle a ajouté que « les frappes ont visé des véhicules et des rassemblements de membres des milices terroristes dans les districts de Dhubab, d’Al-Wazi’iyah et de Hayfan ». Elle a poursuivi : « Elles ont également bombardé un rassemblement de combattants du mouvement dans la région d’Al-Afira, dans le district de Jabal Habashi, ce qui a entraîné la destruction de plusieurs véhicules militaires et l’explosion d’un stock de munitions pour armes de moyen calibre, faisant au moins dix morts parmi les combattants. »

La carte du contrôle territorial au Yémen a connu d’importants changements ces derniers jours. Les Houthis ont annoncé avoir pris le contrôle de plusieurs districts de la région de la côte occidentale, ainsi que d’îles de la mer Rouge, notamment l’île de Mayyun, située dans le détroit de Bab el-Mandeb.

En revanche, les forces gouvernementales yéménites ont annoncé avoir réalisé des avancées dans le gouvernorat d’Al-Jawf, frontalier de l’Arabie saoudite, et s’être rapprochées de la ville d’Al-Hazm, chef-lieu du gouvernorat.

Elles ont également fait état de frappes aériennes contre des positions houthies à Al-Mokha et dans ses environs, ainsi que dans plusieurs zones des gouvernorats de Taïz, de Lahj et d’Ad-Dali’. Elles ont affirmé avoir détruit des véhicules militaires et des armes, tout en repoussant une importante attaque contre Ma’rib.

Les affrontements entre les forces gouvernementales et les Houthis se sont intensifiés depuis le début du mois de juillet 2026, après plusieurs années d’accalmie relative.

Le Yémen est en guerre depuis la prise de contrôle de la capitale, Sanaa, et de plusieurs gouvernorats par les Houthis en septembre 2014, avant l’intervention, en mars 2015, d’une coalition arabe dirigée par l’Arabie saoudite en soutien au gouvernement yéménite internationalement reconnu.

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