Moyen-Orient

Yémen : 350 civils tués ou blessés dans des attaques des Houthis en dix jours


Des données gouvernementales ont révélé lundi que 350 civils avaient été tués ou blessés dans des attaques menées par les Houthis depuis le 3 septembre.

Dans un communiqué, le ministère yéménite des Droits de l’homme a indiqué avoir documenté, entre le 3 et le 13 septembre, la mort de 150 civils et les blessures de plus de 200 autres, ainsi que le déplacement d’environ 85 000 personnes. Il a également fait état de destructions de biens et de familles privées de leurs logements, de leurs moyens de subsistance et de leurs besoins essentiels.

Le communiqué a fait état d’une escalade militaire et de violations à grande échelle commises par les milices houthies dans plusieurs zones des gouvernorats de Taïz, de Hodeïda et de Ma’rib. Cette escalade s’est accompagnée de bombardements au moyen de missiles balistiques, de drones et de différents types d’armes, ainsi que d’attaques visant des zones densément peuplées, des camps de déplacés et des convois de civils fuyant les zones de combat.

À Hodeïda, le communiqué a documenté un bombardement direct ayant visé des civils alors qu’ils fuyaient le district de Hays, faisant des dizaines de morts et de blessés. Dans le gouvernorat de Taïz, des zones résidentielles, notamment la région d’Al-Chaqab, ont également été bombardées, tuant une femme enceinte et son fœtus. D’autres attaques ont par ailleurs contraint un certain nombre d’habitants à fuir leurs foyers.

Les zones du littoral occidental ont également été la cible de vastes attaques visant des rassemblements de population et des zones accueillant des déplacés. Par ailleurs, des camps de déplacés et des quartiers résidentiels du gouvernorat de Ma’rib ont été régulièrement bombardés au moyen de missiles balistiques et de drones, faisant des enfants parmi les morts et les blessés et exposant des milliers de familles déplacées à des risques directs.

Le ministère a souligné que les violations comprenaient également l’irruption et le pillage des locaux d’organisations internationales, de domiciles et d’institutions gouvernementales, ainsi que l’enlèvement d’un journaliste, d’employés, de responsables gouvernementaux et de membres de l’appareil judiciaire. Des signalements ont également fait état d’exécutions sommaires et de l’attaque de blessés à l’intérieur d’établissements de santé.

Il a affirmé que le ciblage de civils et de personnes déplacées ainsi que de leurs convois, les attaques contre des infrastructures civiles et médicales, les homicides commis en dehors de tout cadre légal, les exécutions sommaires, les enlèvements et détentions arbitraires, ainsi que le pillage de biens, constituaient de graves violations du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme. Certains de ces actes pourraient être qualifiés de crimes de guerre, selon la nature de chaque incident, les circonstances dans lesquelles il a été commis et les éléments qui pourront être établis.

Le communiqué a tenu les milices houthies pour responsables de ces violations et a appelé la communauté internationale, les Nations unies, le Conseil des droits de l’homme et le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme à agir d’urgence afin de mettre un terme aux attaques visant les civils, de protéger les personnes déplacées, les camps, les convois d’évacuation et les établissements médicaux, de libérer les personnes enlevées et détenues arbitrairement et de faire la lumière sur le sort des personnes portées disparues.

Les milices houthies avaient auparavant lancé une offensive militaire contre plusieurs districts côtiers, notamment Al-Mokha et Bab el-Mandeb, à la suite de violents affrontements avec les forces yéménites, ce qui aurait ramené la situation à son point de départ, selon des observateurs.

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