Le responsable du sarin sous le régime Assad arrêté par la justice syrienne
Les autorités syriennes ont annoncé, mercredi, l’arrestation d’un ancien officier qu’elles présentent comme un spécialiste des armes chimiques et responsable des dépôts de gaz sarin situés près de Damas.
Cette arrestation s’inscrit dans le cadre de la campagne menée par les nouvelles autorités depuis la chute du régime de Bachar el-Assad.
Les autorités syriennes annoncent régulièrement l’interpellation d’anciens responsables militaires et sécuritaires de l’ancien régime, accusés d’avoir participé à des crimes et à des violations des droits humains commis durant le conflit qui a éclaté en Syrie en 2011. Depuis avril dernier, des procès ont également été ouverts.
Dans un communiqué, le ministère syrien de l’Intérieur a annoncé avoir mené une « opération sécuritaire de haute précision » ayant permis l’arrestation du colonel Ahmad Habib Ali, présenté comme un spécialiste des armes chimiques.
Selon le ministère, il occupait le poste de directeur du Centre d’études et de recherches scientifiques et était responsable des dépôts de gaz sarin ainsi que des activités de production chimique au sein de l’unité 417, l’une des principales unités chargées du stockage et de la conservation des armes chimiques à proximité de Damas.
Toujours selon les autorités syriennes, l’officier arrêté aurait supervisé la fabrication d’environ vingt bombes chargées de gaz sarin, chacune pesant 250 kilogrammes, qui auraient été utilisées lors d’attaques visant plusieurs villes et localités syriennes entre 2013 et 2017.
Au cours de cette période, plusieurs régions de Syrie ont été frappées par des attaques aux armes chimiques attribuées aux forces de l’ancien régime. La plus meurtrière a eu lieu le 21 août 2013 dans la Ghouta orientale et à Mouadamiyat al-Cham, près de Damas, où du gaz sarin aurait été employé.
Selon les États-Unis et plusieurs organisations de défense des droits humains, cette attaque a fait 1 429 morts. À la suite de cet événement, la Syrie a adhéré à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) et a accepté de déclarer puis de remettre son stock de substances toxiques en vue de leur destruction, sous la pression de son alliée la Russie et des États-Unis, qui avaient alors menacé de lancer des frappes aériennes.
Entre 2014 et 2017, une commission d’enquête conjointe des Nations unies et de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques a accusé les forces du régime Assad d’avoir mené quatre attaques contre des localités contrôlées par les groupes d’opposition dans la province d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, en utilisant du gaz sarin et du chlore.
L’arrestation de cet ancien officier intervient quelques jours après que l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques a approuvé le rétablissement intégral des droits de la Syrie au sein de l’organisation, après avoir suspendu son droit de vote en 2021. Cette décision est intervenue après que l’organisation a conclu que l’armée de l’air syrienne avait utilisé du gaz sarin et du chlore contre des civils.
Depuis la chute du régime Assad, les autorités syriennes ont annoncé l’arrestation de dizaines de personnes liées à l’ancien pouvoir. Le 26 avril dernier, la justice a ouvert une série de procès publics, tenus en présence des accusés ou par contumace, contre d’anciens responsables politiques et sécuritaires poursuivis pour plusieurs chefs d’accusation, dont certains sont susceptibles d’être qualifiés de crimes de guerre, commis après le déclenchement des manifestations populaires de 2011.
