Téhéran évoque un projet américano-israélien visant à ouvrir un front intérieur
Le commandant des forces terrestres du Corps des gardiens de la révolution islamique affirme que les services de renseignement américains et israéliens ont préparé des groupes armés dans le sud-est et le nord-ouest de l’Iran afin de lancer une vaste offensive destinée à déstabiliser la situation intérieure.
Le commandant des forces terrestres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), le général de brigade Mohammad Karami, a déclaré jeudi que les services de renseignement américains et israéliens avaient préparé des groupes armés dans le sud-est et le nord-ouest de l’Iran afin de mener une attaque de grande ampleur contre le pays. Cette déclaration intervient alors que l’Iran est confronté à des frappes aériennes menées par l’armée américaine, à la suite de l’annonce par le président Donald Trump de la fin du mémorandum d’entente.
Les autorités iraniennes ne cachent pas leurs inquiétudes quant à une possible exploitation de la situation par des groupes armés d’opposition, en particulier des organisations kurdes, qui pourraient lancer des attaques afin de déstabiliser davantage la situation intérieure.
Il y a quelques jours, deux membres du Corps des gardiens de la révolution islamique ont été tués et plusieurs autres blessés lors d’une attaque armée qui les a visés dans la ville de Paveh, située dans la province de Kermanchah, à l’ouest de l’Iran. Selon les médias iraniens, les auteurs de l’attaque étaient des hommes armés non identifiés, tandis que les autorités de sécurité ont ouvert une enquête afin de déterminer leur identité ainsi que les motivations de cette opération.
Cette attaque s’inscrit dans une série d’opérations armées ayant visé les forces de sécurité et le Corps des gardiens de la révolution islamique dans les régions frontalières iraniennes au cours des dernières années, notamment dans l’ouest et le sud-est du pays. Ces zones sont le théâtre d’activités de groupes armés opposés au régime iranien, qui tireraient parti de leur relief montagneux, de leur proximité avec les frontières ainsi que de l’affaiblissement des forces iraniennes en raison des attaques américaines.
En réponse, l’armée iranienne a lancé d’importantes opérations contre les groupes armés dans les régions montagneuses et frontalières, tout en menant des frappes contre leurs positions dans la région du Kurdistan irakien.
Les provinces du Sistan-et-Baloutchistan, du Kurdistan et de Kermanchah figurent parmi les principales régions touchées par ce type d’attaques. Des groupes armés kurdes et baloutches hostiles au gouvernement iranien y sont particulièrement actifs. Les autorités iraniennes accusent ces organisations de bénéficier d’un soutien extérieur et de chercher à compromettre la sécurité intérieure, tandis que ces groupes affirment mener une lutte contre les politiques sécuritaires et politiques appliquées par Téhéran dans les régions où ils opèrent.
Les attaques visant le Corps des gardiens de la révolution islamique revêtent une importance particulière en Iran, compte tenu du rôle majeur joué par cette institution dans les domaines sécuritaire et militaire, qu’il s’agisse de la protection des frontières, de la lutte contre les groupes armés ou encore de son influence dans la gestion des dossiers régionaux liés à la politique étrangère de Téhéran.
Le ciblage de membres du Corps des gardiens de la révolution intervient à un moment où l’Iran est confronté à des pressions sécuritaires croissantes en raison de l’aggravation des tensions régionales, en particulier de l’intensification de la confrontation avec les États-Unis et Israël au cours de la période récente. Selon certains milieux iraniens, la multiplication des foyers de tension pourrait encourager les adversaires de Téhéran à intensifier leurs opérations, tandis que les autorités cherchent à renforcer les dispositifs de sécurité afin d’empêcher l’extension des attaques à l’intérieur du pays.
Cette opération remet en lumière les défis sécuritaires auxquels l’Iran est confronté dans ses régions frontalières, alors que l’activité des groupes armés d’opposition se poursuit et que les inquiétudes grandissent quant au risque de voir les répercussions des conflits régionaux s’étendre au territoire iranien.
