Une délégation militaire américaine se rend au Liban pour préparer le retrait israélien
L’ambassadeur des États-Unis à Beyrouth affirme que le transfert des réunions entre les délégations libanaise, américaine et israélienne de Washington à Rome est motivé par des raisons techniques liées à la facilitation des déplacements des ambassadeurs.
L’ambassadeur des États-Unis au Liban, Michel Issa, a annoncé jeudi qu’une délégation militaire américaine arriverait au Liban dans les prochains jours afin de préparer le lancement des travaux dans les zones pilotes, alors que d’importants obstacles subsistent du côté israélien, accusé de chercher à se soustraire aux engagements prévus par l’accord-cadre, en particulier concernant le retrait militaire.
À l’issue d’un entretien avec le président libanais Joseph Aoun, Michel Issa a déclaré, selon un communiqué de la présidence, que les préparatifs étaient en cours pour mettre en œuvre les dispositions convenues concernant les zones pilotes et amorcer le processus de retrait.
Le 26 juin dernier, Beyrouth et Tel-Aviv ont signé à Washington, sous médiation américaine, un accord-cadre prévoyant un retrait progressif des forces israéliennes de l’ensemble des territoires libanais occupés, dont la première étape doit concerner deux zones pilotes.
L’accord ne fixe toutefois aucun calendrier précis pour ce retrait. Il conditionne celui-ci à la prise en charge complète de la sécurité par l’armée libanaise dans les secteurs évacués ainsi qu’au désarmement des groupes armés, avec une référence particulière au Hezbollah.
L’ambassadeur a ajouté qu’il était indispensable d’éviter tout vide sécuritaire après le retrait des forces israéliennes des zones concernées. La date du début de la mise en œuvre sur le terrain sera déterminée à la lumière des résultats des réunions de coordination.
Israël occupe plusieurs zones du sud du Liban, dont certaines depuis plusieurs décennies et d’autres depuis le conflit de 2023-2024. Au cours de l’offensive actuelle, ses forces ont progressé sur plus de dix kilomètres à l’intérieur du territoire libanais.
Après plusieurs cycles de négociations entre le Liban et Israël à Washington, la prochaine session se tiendra à Rome les 14 et 15 juillet.
Michel Issa a précisé que le transfert des réunions entre les délégations libanaise, américaine et israélienne vers Rome répond à des considérations techniques visant à faciliter les déplacements des ambassadeurs et des membres des délégations. Il a ajouté que la réunion de Rome aura un caractère essentiellement organisationnel et opérationnel afin de mettre en œuvre les dispositions de « l’accord-cadre », notamment par la création de groupes de travail spécialisés chargés d’appliquer les arrangements conclus à Washington, lesquels pourraient nécessiter l’intervention de juristes et d’experts techniques.
Il a souligné que les accords conclus à Washington seraient poursuivis à Rome et que plusieurs autres réunions se tiendraient dans la capitale italienne ou dans d’autres villes afin d’assurer le suivi de leur mise en œuvre selon les différentes étapes qui seront définies.
Malgré ces efforts, Israël continue de poser des obstacles à l’application de l’accord. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré jeudi que son pays n’avait besoin d’aucune autorisation pour rester au Liban, affirmant dans un communiqué : « Nous n’avons demandé la permission à personne pour entrer au Liban et nous n’avons besoin de l’autorisation de personne pour y rester. »
Ces dernières semaines, des divergences sont apparues entre les alliés américain et israélien, notamment au sujet des négociations menées par Washington avec l’Iran ainsi que de la poursuite des opérations militaires israéliennes au Liban.
Israël Katz a affirmé que « nous avons le droit et le devoir de protéger les habitants de la Galilée et les citoyens israéliens contre les menaces du Hezbollah, qui cherche à détruire Israël », selon ses propres termes. Il a ajouté : « Nous avons établi une zone de sécurité fortifiée au Liban, qui s’étend de la mer Méditerranée à l’ouest jusqu’au complexe de Beaufort (Chaqif) et aux abords du mont Hermon à l’est. »
Il a également déclaré que cette zone était « dépourvue d’habitants et exempte de ce qu’il qualifie d’infrastructures terroristes, tant souterraines qu’en surface », ajoutant : « Comme l’avons clairement indiqué le Premier ministre Benjamin Netanyahou et moi-même, nous resterons dans cette zone de sécurité au Liban et nous y interviendrons chaque fois que cela sera nécessaire. »
Enfin, Israël Katz a conditionné le retrait israélien au désarmement du Hezbollah sur l’ensemble du territoire libanais et à la disparition de toute menace pesant sur les habitants du nord d’Israël.
