Grand Maghreb

La mission des Nations unies en Libye nie toute volonté de réinstaller des réfugiés dans le pays


La mission des Nations unies rejette toute incitation à la violence ou toute menace visant son personnel, ainsi que les actes de vandalisme ou les agressions contre ses employés, ses locaux et ses biens, après l’intrusion de manifestants dans l’un de ses bureaux à Tripoli.

La Mission d’appui des Nations unies en Libye a démenti les affirmations selon lesquelles le United Nations High Commissioner for Refugees chercherait à installer des migrants en Libye. Elle a indiqué que les informations circulant à ce sujet étaient totalement infondées. Cette déclaration a été publiée à la suite de l’irruption, jeudi, de manifestants libyens opposés à l’installation de migrants dans le pays, qui ont pris d’assaut l’un de ses bureaux dans l’ouest de la capitale, Tripoli, et bloqué les locaux du Haut-Commissariat aux réfugiés à l’aide de remblais de terre.

Dans son communiqué, la mission a affirmé qu’elle « réaffirme le droit des Libyens à recevoir des informations exactes et à exprimer leurs opinions de manière pacifique, conformément aux lois libyennes et internationales ». Elle s’est également déclarée préoccupée par « la propagation d’informations trompeuses et erronées ainsi que par les discours de haine concernant le travail des Nations unies en Libye, lesquels ont contribué à accroître les tensions et à inciter à l’hostilité envers le personnel national et international de l’Organisation ».

Depuis plusieurs jours, des militants libyens diffusent sur les réseaux sociaux des informations affirmant que certaines « entités onusiennes » auraient l’intention d’installer des migrants en situation irrégulière en Libye. Ces allégations n’ont été confirmées par aucune autorité officielle. Des appels ont également circulé sur les mêmes plateformes en faveur de l’expulsion des migrants irréguliers du pays et de la fermeture des bureaux du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés à Tripoli.

À ce sujet, la mission a réitéré dans son communiqué que « aucune agence des Nations unies, y compris le Haut-Commissariat pour les réfugiés, ne met en œuvre de programme visant à installer des migrants en Libye, et toutes les affirmations contraires sont totalement dénuées de fondement ».

Le Haut-Commissariat travaille « en coopération avec les autorités libyennes et la communauté internationale, dans le plein respect de la souveraineté de la Libye, afin de trouver des solutions en dehors du territoire libyen pour les personnes fuyant les guerres, les conflits et les persécutions, notamment par leur évacuation vers des pays tiers ou leur retour volontaire dans leur pays d’origine lorsque les conditions le permettent ».

La mission a condamné « toute incitation à la violence ou toute menace visant le personnel des Nations unies, ainsi que tout acte de sabotage ou d’agression contre ses employés, ses locaux et ses biens ». Elle a appelé « toutes les parties à respecter l’inviolabilité des locaux, du personnel, des biens et des avoirs des Nations unies conformément au droit international ».

Lundi, le ministère des Affaires étrangères du Government of National Unity a réaffirmé son attachement aux principes nationaux dans la lutte contre ce phénomène ainsi que son rejet de toute politique d’installation de migrants. Il a également insisté sur « la nécessité de vérifier avec précision les informations diffusées par certaines pages sur les réseaux sociaux et de ne pas se laisser entraîner par des appels à la provocation ou par des rumeurs ».

Mardi, Saddam Haftar, vice-commandant des forces de l’est de la Libye, a donné instruction aux services de sécurité opérant dans l’est et le sud du pays de mettre fin à la présence illégale des migrants en situation irrégulière sur le territoire libyen.

Le 2 avril 2025, le Service de sécurité intérieure du Gouvernement d’unité nationale a annoncé la fermeture des bureaux de dix organisations humanitaires internationales et la suspension de leurs activités, les accusant d’être impliquées dans des « projets hostiles à la Libye », notamment la réinstallation de migrants irréguliers, en profitant de l’instabilité que connaît le pays.

Le 2 décembre 2025, le ministre de l’Intérieur du Gouvernement d’unité nationale, Imad Trabelsi, a estimé qu’environ trois millions de migrants en situation irrégulière se trouvaient sur le territoire libyen. Beaucoup d’entre eux seraient entrés dans le pays dans le but de rejoindre l’Europe par la mer Méditerranée.

Le trafic de migration irrégulière demeure particulièrement actif dans les régions du nord-ouest de la Libye bordant la Méditerranée, notamment dans les villes de Al Qarah Bulli, Sabratha et Zuwara, où des groupes profitent de la division politique et de l’instabilité sécuritaire qui affectent le pays.

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