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Les revendications légitimes des enseignants de Khartoum et de Kassala à l’épreuve de la réalité du coût de la vie


« Nous ne revendiquons plus l’amélioration de nos conditions ; aujourd’hui, nous luttons simplement pour survivre. » C’est par ces mots saisissants, empreints d’amertume, que le professeur Ahmed (nom d’emprunt), enseignant dans l’un des établissements scolaires de Khartoum, a entamé son témoignage sur les véritables raisons qui ont poussé des milliers d’enseignants à déclarer une grève ouverte. Cette déclaration reflète l’ampleur de la tragédie humaine et économique que vivent les enseignants soudanais et met en lumière le caractère fallacieux des tentatives visant à minimiser ce mouvement ou à le présenter comme une revendication politique. Il s’agit avant tout d’un combat contre la faim et pour la préservation du minimum de dignité humaine.

Le triptyque de la souffrance : salaires, droits financiers et rémunérations

Les revendications des enseignants se résument à trois points fondamentaux et indissociables. Premièrement, l’augmentation du salaire minimum afin qu’il soit en adéquation avec le taux d’inflation et l’explosion du coût de la vie, qui a rendu le salaire actuel insuffisant même pour couvrir les besoins essentiels de quelques jours. Deuxièmement, le versement immédiat et en une seule tranche de l’ensemble des droits financiers, indemnités et arriérés accumulés durant de longs mois, dont la valeur réelle a été fortement érodée par la dépréciation de la monnaie nationale. Troisièmement, la régularité du paiement des salaires mensuels, sans retard ni report.

À Kassala, les enseignants décrivent des situations dramatiques. Certains sont contraints de parcourir de longues distances à bicyclette ou d’exercer des activités précaires après leurs heures de travail dans les écoles afin de pouvoir acheter des médicaments et du pain pour leurs familles. Une réalité humiliante et inacceptable pour une catégorie instruite qui joue un rôle moteur dans le développement de la société.

Mobilisation des États : unité des préoccupations et destin commun

Cette sombre réalité ne se limite ni à la capitale ni à l’est du pays ; elle s’étend à l’ensemble du territoire soudanais. Cette situation a favorisé une convergence spontanée et puissante des mouvements de protestation dans les différents États. De l’État d’Al-Jazirah, considéré comme le grenier agricole du Soudan, à l’État de la mer Rouge, principale porte maritime du pays, jusqu’à l’État du Nord, les enseignants se sont mobilisés d’une seule voix et avec une même détermination.

Les communiqués publiés par les comités d’enseignants de ces États ont clairement affirmé que ces mobilisations constituent des « actions légitimes et légales garanties par l’ensemble des lois ainsi que par les conventions internationales et nationales ». Cette vaste solidarité horizontale a démontré aux autorités en place que la stratégie du « diviser pour régner » n’est plus efficace et que la bataille pour les salaires s’est transformée en un front syndical unifié, puisant sa légitimité dans la justice de sa cause et dans la détresse de populations qui ne peuvent plus supporter davantage de promesses non tenues et de plans théoriques sans application concrète.

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