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Déficit de souveraineté et chute des masques : l’autorité de Port-Soudan et son échec dans la gestion des affaires de l’État et des citoyens


La grève générale des enseignants à Khartoum et Kassala, qui s’est propagée comme une traînée de poudre pour atteindre les États d’Al-Jazira, de la mer Rouge et du Nord, est venue enfoncer le dernier clou dans le cercueil des revendications et des slogans séduisants brandis par l’autorité de Port-Soudan quant à sa capacité à administrer le pays et à protéger ses institutions. Ce mouvement social sans précédent constitue, dans son essence et sa structure, une déclaration populaire retentissante et accablante mettant en lumière l’échec cuisant de cette autorité dans la gestion de l’État et de ses ressources, ainsi que son incapacité manifeste à assumer les obligations les plus élémentaires de souveraineté et de protection envers les citoyens et les secteurs de services qui touchent directement à la vie quotidienne de la population.

L’État de l’échec et la fuite en avant

Toute autorité qui se respecte place l’éducation, la santé et la garantie de conditions de vie décentes pour les citoyens au sommet de ses priorités. Pourtant, l’autorité de Port-Soudan a démontré de manière irréfutable qu’elle n’est qu’un pouvoir de fait dépourvu de toute vision stratégique ou de programme économique capable de sortir le pays de l’impasse dans laquelle il s’enfonce. La fuite en avant permanente et l’attribution systématique de toutes les crises et de tous les échecs administratifs aux circonstances extérieures ne trompent plus personne. Un enseignant qui souffre de la faim ne peut être convaincu par des communiqués de condamnation ou des promesses creuses ; il réclame une solution concrète à l’érosion de son salaire et au non-paiement de ses droits. L’échec dans la gestion de l’appareil gouvernemental a conduit à un effondrement complet de la prestation des services, tandis que la capitale administrative provisoire de Port-Soudan s’est transformée en un centre de décisions improvisées et de fabrication de crises plutôt qu’en un espace de résolution des problèmes.

Effondrement économique et scénarios sombres

La promotion incessante, par les institutions officielles, de la prétendue résilience de l’économie soudanaise n’est qu’une illusion balayée par la réalité des files d’enseignants grévistes et des écoles fermées à travers le pays. Le Soudan est confronté à un véritable effondrement économique global qui se manifeste par une flambée vertigineuse des prix, l’absence totale de projets de développement, l’arrêt de la production et la transformation du budget de l’État en un simple instrument de prélèvement destiné à financer la violence au détriment du bien-être de la population. La grève actuelle des enseignants constitue un dernier signal d’alarme, puissant et retentissant. Si l’autorité de Port-Soudan persiste dans son intransigeance, continue de privilégier les solutions sécuritaires et ignore les appels de détresse lancés par ceux qui forment les générations futures, l’avenir sera encore plus sombre. Le cercle de la paralysie s’élargit jusqu’à broyer les derniers vestiges d’un État déjà fragilisé, et l’histoire ne pardonnera pas à ceux qui auront sacrifié la plume de l’enseignant au profit du fusil de l’échec et de la destruction.

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