Moyen-Orient

Fermeté druze en faveur de l’option séparatiste dans un contexte de tensions dans le sud de la Syrie


Hikmat al-Hijri salue le rôle d’Israël dans le soutien à ses orientations séparatistes, ce qui laisse entrevoir la possibilité que des éléments de la « Garde nationale » à Soueïda puissent recevoir un appui militaire direct de l’armée israélienne.

La province de Soueïda, dans le sud de la Syrie, s’oriente vers une phase plus complexe après les récentes déclarations du chef spirituel de la communauté druze des unitariens, le cheikh Hikmat al-Hijri, qui ont clairement exprimé son attachement à l’option de séparation d’avec l’autorité centrale de Damas. Une position qui a suscité une large controverse et des inquiétudes quant à des répercussions politiques et sécuritaires susceptibles d’accentuer les divisions au sein du pays.

Dans un discours télévisé, al-Hijri a affirmé que la voie de « l’autodétermination » pour les Druzes est devenue un choix définitif et irréversible, estimant que la priorité réside dans la préservation de ce qu’il a appelé la « dignité du Jabal » et dans la gestion de ses affaires loin de toute tutelle extérieure ou autorité imposée par Damas, soulignant que les habitants de la région sont les seuls habilités à choisir leurs dirigeants et à déterminer leur avenir politique et administratif.

Ces déclarations interviennent dans un contexte de tension persistante entre les forces gouvernementales syriennes et des groupes armés locaux à Soueïda, notamment ce qui est appelé la « Garde nationale », supervisée par al-Hijri, en l’absence de tout signe de rapprochement vers une solution politique ou sécuritaire susceptible de mettre fin à une situation de crispation qui dure depuis des mois.

Un élément notable dans le discours du chef druze est son remerciement adressé à des parties internationales et régionales qu’il accuse de soutenir la « consolidation d’une administration druze », en particulier Israël, qu’il a salué tant au niveau gouvernemental que populaire. Cela a ravivé les spéculations sur une possible implication israélienne sur le terrain en soutien au mouvement séparatiste dans le sud de la Syrie.

Des milieux politiques et sécuritaires considèrent ce rapprochement comme faisant partie d’une stratégie israélienne plus large visant à étendre son influence dans le paysage syrien, en soutenant des forces locales et des minorités, afin de limiter la capacité de Damas à rétablir pleinement son contrôle sur le pays après des années de guerre.

Des rapports de médias occidentaux ont déjà évoqué, ces derniers mois, un intérêt israélien pour le renforcement des relations avec des groupes druzes en Syrie, dans le cadre d’efforts visant à redéfinir les équilibres de pouvoir dans le sud du pays. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a également affirmé à plusieurs reprises la volonté de Tel-Aviv de protéger les minorités alliées dans la région, notamment les Druzes.

Des observateurs estiment qu’un soutien israélien direct ou indirect à un projet d’administration autonome à Soueïda pourrait donner une impulsion politique et sécuritaire à cette orientation, mais ouvrirait en même temps la voie à de nouvelles tensions régionales, notamment en raison de la sensibilité de la question de la partition en Syrie et du rejet catégorique de Damas de tout projet séparatiste.

À l’intérieur du pays, les appels croissants à l’autonomie suscitent des craintes de propagation des dynamiques de fragmentation à d’autres régions, alors que le gouvernement syrien tente de consolider la stabilité et de réunifier les institutions de l’État après des années de conflit.

Al-Hijri a également évoqué ce qu’il décrit comme des pressions économiques et administratives visant Soueïda, estimant que la région fait face à des tentatives de blocus et d’asphyxie, tout en affirmant que la société locale est capable de surmonter ces défis grâce à la cohésion interne et à l’organisation de ses institutions civiles et sécuritaires.

Avec la poursuite des tensions sur le terrain et la montée du discours politique, Soueïda semble entrée dans une phase ouverte à de multiples scénarios, allant de la poursuite de l’escalade à l’émergence de nouveaux arrangements susceptibles de redéfinir la relation entre la province et l’État syrien, dans un contexte d’attente régionale et internationale quant à l’évolution de la situation dans le sud de la Syrie.

Afficher plus
Bouton retour en haut de la page